Pierce Brosnan est sur une mauvaise pente : celle qui consiste pour un acteur, par sa seule présence à l’affiche, à cataloguer le registre d’un film. En l’occurrence, l’ex-007 devient le vieux beau de service, en costard d’homme d’affaires veuf ou célibataire endurci qui, le temps d’un film, va faire chavirer un cœur.

Cette fois, c’est celui d’une coiffeuse (Trine Dyrholm), chauve suite à une chimiothérapie qui, comme si ça ne suffisait pas, tombe en outre sur son mari en train de s’envoyer en l’air avec sa (jeune) comptable, tout cela la veille du mariage de sa fille en Italie.

Chez Susanne Bier, les histoires de famille ne sont jamais simples. Une mauvaise surprise attendra donc aussi la promise avant la fin du film. Naguère pratiquante du Dogme ("After the Wedding", "Brothers"), la Danoise flirte désormais avec le mélo internationalisé à l’eau de rose.

Le message est certes beau et respectable - il n’est jamais trop tard pour refaire sa vie (on notera la similitude avec "Back in the Game", également de sortie cette semaine). La mise en abîme de Brosnan - qui est réellement veuf - aurait pu être poignante. Mais aucun personnage ne sort de sa caractérisation caricaturale de départ. Le mari adultère est un modèle de bêtise affective, la belle-sœur une caricature de harpie transie et de mère célibataire maladroite et le fils de Brosnan un monolithe qui ne semble jamais se remettre en question à la veille du plus beau jour de sa vie. Partant, toutes les péripéties périphériques n’offrent aucun relief à une romance par ailleurs trop évidente dès les premières scènes.

Réalisation : Susanne Bier. Scénario : Anders-Thomas Jensen. Avec : Pierce Brosnan, Trine Dyrholm, Molly Blixt Egelind, Sebastian Jessen, Paprika Steen, 1h57