C’est sûr, on est en juin. Juin, au cinéma, c’est le mois de la daube. On solde les packages. Il faut savoir que lorsqu’un distributeur veut un film à tout prix, le prix précisément que le vendeur international lui impose, c’est d’acheter deux ou trois titres dont il n’arrive pas à se débarrasser. Et c’est généralement en juin qu’on les écoule.

"On voulait tout casser" est un de ces fonds de tiroir. On le voit dès le premier plan, on l’entend dès les premières notes, le film va cumuler les poncifs et les grosses ficelles. C’est un film de potes à la Sautet. Un "Vincent, Paul, François et les autres". Sauf que c’est pas Vincent c’est Quiqui et les autres, ce sont Ceucoeur, Culcul et Concon. C’est bizarre il manque Quéquette. Alors Quiqui a un cancer, il lui reste six mois à vivre mais il ne veut rien dire à ses potes qui ne se doutent de rien. Durant 86 minutes, Philippe Guillard au volant d’un camion-citerne déverse du sirop en permanence sur Kad Merad, Benoît Magimel, Charles Berling et les autres. Et comme on n’a pas prévu de parapluie, les pauvres se débattent dans la mélasse, s’engluent dans le sentimentalisme.

Forcément, ça ne casse rien, juste un peu les c…


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 Réalisation : Philippe Guillard. Avec Kad Merad, Charles Berling, Benoît Magimel… 1h26.