C’est sans doute l’un des pires cauchemars : être enterré vivant ! Voilà ce qui arrive à Omicron 267 (Mélanie Laurent), une "bioforme" qui, sortie de sa chrysalide artificielle, se réveille dans un caisson de cryogénisation sans savoir ce qu’elle y fait. À sa mémoire, n’affleurent que de vagues souvenirs de couloirs d’hôpitaux, de scènes quotidiennes avec un scientifique (Malik Zidi)…

Et pour couronner le tout, le niveau d’oxygène dans ce véritable cercueil est proche du seuil critique. La jeune femme n’a que quelques dizaines de minutes (le temps du film) pour en sortir. Avec l’aide de Milo, l’interface médicale synthétique, la jeune femme tente d’entrer en contact avec le monde extérieur et de découvrir qui elle est…


Huis clos ultime

Le principe d’un film se déroulant entièrement dans un espace clos n’est pas neuf. On se souvient par exemple de Buried de l’Espagnol Rodrigo Cortés en 2010, où Ryan Reynolds campait un chauffeur de l’armée américaine en Irak prisonnier d’une caisse en bois. Alexandre Aja reprend l’idée, mais cette fois dans un thriller de science-fiction plus poétique, qui explore les tréfonds de la mémoire et questionne le fondement de notre humanité. Loin des monstres aquatiques de Piranha 3D en 2010 et de Crawl en 2019 (en l’occurrence des alligators), le Français explore ici des terreurs beaucoup plus intérieures.

Habitué des thrillers gore - le cinéaste fut découvert grâce à Haute Tension, avec Cécile de France et Maïwenn en 2003, avant de passer à Hollywood pour le remake de La Colline a des yeux en 2006 -, Aja signe une sorte de huis clos ultime. Jouant des souvenirs en flash-back pour apporter un peu d’air au spectateur, il parvient à maintenir une tension constante, tandis que le scénario réussit à surprendre par ses revirements plutôt habiles.

Mais la réussite du film doit évidemment aussi beaucoup à Mélanie Laurent. Seule à l’écran quasi en permanence, en position couchée, prisonnière d’un caisson hyper-technologique en guise d’unique décor, l’actrice porte tout le film sur ses épaules. Même si elle peut compter sur du répondant : la voix, faussement mécanique, de Mathieu Amalric, qui donne corps à cette présence invisible qui, à coups de petites phrases a priori anodines tirées de notre vie numérique quotidienne (type "échec de la connexion"), vient sans cesse relancer la tension…

Oxygène Thriller de S-F De Alexandre Aja Scénario Christie LeBlanc Musique ROB Avec Mélanie Laurent, Mathieu Amalric, Malik Zidi… Durée 1h40.

© D.R.

Disponible sur Netflix.