Pâle adaptation

J.G. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Au tournant du XIXe siècle à Lübeck, petite ville allemande, les Buddenbrooks, riche famille de négociants, assistent à des changements multiples : modification du monde des affaires et bouleversements familiaux. Ces glissements entraînent peu à peu la famille dans leurs sillages, vers une décadence annoncée. "Buddenbrooks" est une adaptation du roman éponyme de Thomas Mann, ce grand romancier allemand du début du XXe siècle. Si le roman plonge le lecteur dans les méandres de l’Allemagne au XIXe siècle, l’englobant tout entier, l’adaptation cinématographique ne peut se targuer de la même qualité.

Le fait est que l’œuvre originelle, se déclinant au travers de trois générations, comprend une foule d’événements. Trop, peut-être, pour un seul long métrage. Heinrich Breloer choisit pourtant d’en garder un grand nombre en les contractant à outrance. Cela donne à son film un rythme plus que soutenu, mais tout systématisé, accéléré; un personnage tousse dans une scène, il est mort dans la suivante. Cette précipitation empêche toute respiration. Le spectateur essaye tant bien que mal de suivre les multiples faits défilant sous ses yeux, et n’a dès lors aucune possibilité de se laisser envoûter par l’ambiance de Lübeck. D’autant qu’un parfum de contrefaçon se dégage de la réalisation. Les décors grandioses transpirent le carton-pâte. La brume et les pluies camouflent les incohérences du lieu. Les costumes spectaculaires espèrent dissimuler une interprétation mièvre.

Ce roman-fleuve ne trouve pas sa place à l’écran. "Buddenbrooks" n’est, dès lors, qu’une pâle illustration de l’œuvre de papier. Une série télé aurait été plus indiquée en offrant à l’ouvrage la possibilité de s’épanouir sur la durée.

J.G.

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