Sylvain, en Louisiane. Une petite ville comme on en croise des centaines dans le fin fond rural des États-Unis. Une station-service, un bar, une école, une église et le bureau du shérif. À sa sortie de prison, c’est là que Palmer (Justin Timberlake) - il répugne à utiliser son prénom, Eddy - retrouve sa grand-mère, Vivian (June Squibb). Une femme douce, généreuse et pieuse, véritable "pilier de sa communauté", qui l’a élevé. Par égard pour son gamin, l’adorable Sam (Ryder Allen), Vivian laisse Shelly Burdette (Juno Temple) vivre dans son mobile home sur le terrain à côté de sa maison. Mais cette femme, souvent fauchée, parfois droguée, flanquée d’un compagnon violent et souvent absent, n’est qu’un "nid à problèmes", Vivian ne le sait que trop bien.

Quand Shelly disparaît pour une de ses virées sans fin, c’est chez Vivian que le jeune Sam vient se réfugier, avant de retourner ensuite vivre auprès de sa maman. Entre son petit-fils en conditionnelle et le jeune garçon en mal de famille, une relation curieuse s’établit. Sam parle autant que Palmer se tait mais peu à peu les deux âmes solitaires se rapprochent. Et ce, même si Palmer n’en revient pas de voir Sam préférer les poupées aux petites voitures… Pour l’ancien champion de football au sang chaud, les goûts de Sam en matière d’habillement ou d’activités relèvent du complet mystère.


L’importance de vivre et de laisser vivre

Avec Palmer, Fisher Stevens (Les derniers Affranchis) filme la rencontre entre un homme écorché et parfois volcanique et un jeune garçon aussi original que désarmant. Comédien et chanteur mondialement connu, Justin Timberlake (Inside Llewyn Davis) se glisse avec beaucoup de retenue dans le bleu de travail de cet homme à tout faire. Ex-jeune champion prometteur devenu une sorte d’ours mal dégrossi, Palmer paie un lourd tribut à la suite de ses bêtises de jeunesse. Face à lui, le tout jeune Ryder Allen impressionne dans le rôle de Sam, gamin passablement malmené par la vie, mais à l’enthousiasme débordant. Impossible de ne pas fondre devant sa bouille irrésistible mais surtout devant sa détermination, ses rêves et ses arguments, pleins de franchise et de bon sens.

La force du film réside dans sa sobriété et son choix délibéré de privilégier les actes plutôt que les longues explications. Mais aussi dans l’alchimie entre ses deux personnages principaux. En se penchant sur l’histoire de cet homme fraîchement sorti de prison, obligé de se bâtir une toute nouvelle vie, et sur celle de ce petit garçon dont l’existence à peine entamée est déjà très chahutée, le film nous interroge. Quelle valeur accordons-nous aux rêves de chacun ou à l’idée de seconde chance si difficile à saisir ?

Par l’ouverture d’esprit et les questions que cet enfant fait naître chez Palmer, le film en dit long sur le regard que les gens portent, en général, sur ceux qu’ils jugent "différents". Qu’ils soient récemment sortis de prison ou qu’ils aient des goûts considérés comme "déplacés" ou étonnants. Une histoire pleine de douceur et de sensibilité, dont la pertinence fait du bien, malgré quelques facilités scénaristiques.

Palmer Rencontre du 3e type De Fisher Stevens Scénario Cheryl Guerriero Avec Justin Timberlake, Ryder Allen, Juno Temple... Durée 1h54.

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© D.R.