Vivant au bord d’une superbe plage au nord de Sidney, les Bloom sont une famille tout ce qu’il y a de plus heureuse. Mais tout bascule lors de vacances en Thaïlande: Sam, la mère (Naomi Watts), tombe d’un balcon, dont la balustrade rompt lorsqu'elle s'y appuie. Le verdict est sans appel: la vertèbre thoracique T6 brisée, la jeune femme ne pourra plus jamais marcher. L’amour de son mari Cameron (Andrew Lincoln, qui est enfin parvenu à échapper aux zombies de la série The Walking Dead) et de ses trois fils n’y peut rien; l’ancienne surfeuse ne parvient pas à accepter la situation et à se débarrasser de la colère qui la ronge. Un jour, Noah, l’aîné des enfants, trouve une petite pie tombée du nid et la rapporte à la maison. Surnommé Pinguin pour ses couleurs noir et blanc, l’oiseau, blessé, doit reprendre des forces avant de pouvoir prendre son envol. Sam fait évidemment le parallèle avec sa propre situation…

© Netflix

Histoire vraie

Cette histoire, presque trop jolie pour être vraie, c’est celle vécue par Sam Bloom, deux fois championne du monde d’Handi Surf. Sans aucune surprise, Penguin Bloom sera donc un classique récit de reconstruction, à travers la rencontre de deux êtres littéralement blessés, une femme et ce petit oiseau auquel toute la famille finit par s’attacher. Dis comme ça, on s’attend évidemment à sortir les mouchoirs. Mais le réalisateur Glendyn Ivin — qui avait reçu la Palme d’or du court métrage à Cannes pour Cracker Big en 2003, avant de se tourner vers la télévision — a le bon goût de retenir au maximum les violons.

La situation est douloureuse, mais plus que les crises de larmes ou l'apitoiement, c’est la colère et l’injustice que filme le cinéaste, au sein des magnifiques paysages de Palm Beach, en Nouvelle Galle du Sud. La lumière est sublime, les plages grandioses, les enfants courent dans tous les sens, la vie est partout. Mais l'héroïne est incapable d’en profiter…

Penguin Bloom aborde les vraies questions qui se pose à un être frappé par l'injustice, celles qui font mal, plutôt que de se concentrer sur les effets faciles et sur un récit de rédemption totalement factice. Le film ne met en effet pas en scène un miracle et il a le bon goût de s’arrêter bien avant que l’héroïne ne redevienne une sportive accomplie, évitant au passage tout le discours convenu sur le triomphe de la volonté pour s’extirper de son fauteuil roulant…

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Naomi Watts, vibrante

Autre réussite de Penguin Bloom, Glendyn Ivin parvient à rendre crédible la relation qui se tisse entre cette famille et cette pie facétieuse (excellente comédienne!), qui pépie et volette un peu partout dans la maison. Un symbole de la vie qui revient, de l’envol possible malgré la douleur. Surtout, pour garder toute sa dignité à un personnage frappé par le destin, il fallait une comédienne solide. C’est évidemment le cas de Naomi Watts. Tenant la barre, elle reste sobre, se tenant toujours à bonne distance du pathos. De quoi permettre à Penguin Bloom d’émouvoir, certes, mais sans verser dans la facilité tire-larmes.

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  • Disponible sur Netflix.

Penguin Bloom Drame familial De Glendyn Ivin Scénario Shaun Grant & Harry Cripps (d’après le livre de Cameron Bloom et Bradley Trevor Greive) Photographie Sam Chiplin Musique Marcelo Zarvos Montage Maria Papoutsis Avec Naomi Watts, Andrew Lincoln, Jacki Weaver, Leeanna Walsman… Durée 1h35

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