En vingt-quatre heures seulement, le gouvernement sud-coréen a perdu le contrôle de la situation et le pays s’est effondré, quand un virus mortel s’est échappé d’une usine, transformant tous ceux qui le contractent en zombies assoiffés de sang. Ayant réussi à s’évader sur le dernier bateau humanitaire, l’ancien militaire Jung-seok (Gang Dong-won), qui a perdu sa sœur dans la tragédie, est désormais réfugié à Hong Kong, où il vit misérablement avec son beau-frère.

Quatre ans après la catastrophe, tous deux sont contactés par un patron de la mafia locale, qui leur confie une mission : retourner à Séoul en compagnie de deux autres réfugiés coréens pour ramener discrètement un camion rempli de liasses de dollars. Mais si les zombies n’ont que faire de l’argent, il n’en va pas de même pour celles et ceux qui sont parvenus à survivre au milieu d’eux…


Horreur graphique

Labellisé "Cannes 2020", Peninsula aurait dû être présenté en séance spéciale de minuit sur la Croisette, tout comme l’avait été Dernier train pour Busan en 2016, dont il est la suite. Avec le film d’animation Seoul Station, également sorti en 2016, Peninsula s’intègre en effet dans la trilogie de zombies de Sang-ho Yeon.

Ayant délaissé l’animation (où il avait fait ses débuts en 2010 avec King of Pigs) depuis son très efficace Dernier train pour Busan, le cinéaste coréen continue, depuis, de rentabiliser sur ce succès. Mais cette fois, malgré une mise en place plutôt bien ficelée replaçant l’histoire dans son contexte, la sauce ne prend plus.

Si, il y a quatre ans, Sang-ho Yeon usait du genre pour signer une fable socio-politique sur les dérives néolibérales de la société coréenne (notamment en faisant du "héros" un trader), la question des réfugiés coréens à Hong Kong apparaît ici uniquement comme un prétexte à un film d’action développant une approche esthétisante de l’horreur. Très complaisante, la mise en scène surjoue systématiquement les effets : ultra-violence, giclées de sang et ralentis à tout-va, violons dégoulinants dans l’émotion… Tout cela au service d’une vision très cynique de l’humanité, où, pour survivre, ne semble de mise que le repli sur soi et sur la cellule familiale, sans aucune place pour la solidarité et la fraternité. Éprouvant…

Peninsula Film d’horreur De Sang-ho Yeon Scénario Park Joo-Suk et Yeon Sang-ho Photographie Lee Hyung-deok Musique Mowg Avec Gang Dong-won, Lee Jeong-hyeon, Lee Re, Kwon Hae-hyo.. Durée 1h56.

Disponible en Premium VOD sur Sooner, Proximus Pickx et Voo.

© D.R.