De l’adultère, on a écrit des vaudevilles, des drames ou des comédies. Et il en sera ainsi aussi longtemps que l’homme, ce priape, courra les jupons. Jean Dujardin et Gilles Lellouche ont voulu jouer de leur image de fantasme ambulant en se campant en indécrottables infidèles au fil d’une série de sketches, écrits, mis en scène et interprétés par eux-mêmes et une jolie bande de copains.

Comme souvent, dans ce genre d’exercice, le résultat est inégal. L’intérêt est d’avoir varié les registres : si le comique ou la comédie de mœurs dominent, il y a aussi du drame (voir le sketch des aveux, d’autant plus savoureux que le couple qui s’y déchire est celui de Dujardin et Lamy). Du pathétique, aussi, avec le vieux beau que compose Lellouche en coureur jaloux de Lolita ou le cadre en chasse d’une collègue pas trop regardante lors d’un séminaire en province (Dujardin se prend un rateau avec Nanty). Le plus drôle, et cependant très pertinent, étant celui des "Adultères anonymes", où convergent tous les infidèles du film, soumis à une thérapie de groupe dirigée avec poigne par une Sandrine Kiberlain impériale.

Ce sont les acteurs qui relèvent le niveau. Dujardin crève l’écran une fois de plus. Même la plus clichée des réparties ou le pire calembour bénéficie de son aplomb ou de son autodérision. De même, Lellouche joue avec un égal bonheur les kékés ou les machos phallocrates. De quoi faire oublier diverses facilités d’écriture ou de mise en scène sur un sujet finalement grave : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé

Réalisation : Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Alexandre Courtes, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Gilles Lellouche. Scénario : Nicolas Bedos, Philippe Caverivière, J. Dujardin, Stéphane Joly, G. Lellouche. Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Sandrine Kiberlain, Alexandra Lamy, Isabelle Nanty, 1h49.