Cinquième volet de la franchise Disney. Et toujours le même film…

Quand Disney sortait le premier "Pirates des Caraïbes" en 2003, on se réjouissait de voir Hollywood revenir à un genre qui connut ses heures de gloires dans les années 30 à 50. Bien sûr, on était loin des "Révoltés du Bounty" de Frank Lloyd ou de "L’aigle des mers" de Michael Curtiz. Il s’agissait surtout pour Disney de proposer un produit d’appel pour ses parcs à thèmes (le film étant une adaptation de l’une de ses attractions-phares et non l’inverse…). Mais Gore Verbinski signait un grand divertissement familial, porté par un Johnny Depp qui n’était pas encore tombé au fin fond de la caricature et de l’autoparodie systématique.

Quatorze ans plus tard, que reste-t-il de ce charme initial ? Pas grand-chose. La franchise est en roue libre depuis longtemps déjà. Pour ne pas dire au bout du rouleau. C’est simple, les scénaristes ne font plus aucun effort, se contentant de copier-coller toujours le même script. L’argument cette fois ? Pas content du tout d’avoir été maudit à cause du jeune Jack Sparrow, le capitaine Salazar (Javier Bardem, dans le rôle de grand méchant comique auquel Hollywood semble l’avoir définitivement cantonné) parvient à sortir de sa léthargie avec son armada de fantômes répugnants pour se venger. De son côté, Jack fait cause commune avec Barbossa (Geoffrey Rush, toujours savoureux) pour tenter de dénicher le Trident de Posséidon, aidé des jeunes Carina Smyth (Kaya Scodelario) et Henry Turner. Ce dernier cherchant à briser la malédiction qui retient son père Will (Orlando Bloom) prisonnier du "Hollandais"…

Mêlant sans vergogne mythologie grecque, histoires de fantômes et légendes de pacotille, "Pirates des Caraïbes" tient finalement bien peu du film de pirates, dont on ne convoque que les clichés : le rhum coulant à flots, les abordages en pleine mer, les flibustiers jetés par-dessus bord… Tout cela n’est en fait que prétexte pour accumuler les scènes de bravoure visuelle. Dont, en guise d’introduction, un amusant cambriolage par la bande de Sparrow, qui ne se contente pas de partir avec le coffre-fort mais avec la banque elle-même…

Confiée au duo norvégien Joachim Ronning et Espen Sandberg ("Kon-Tiki", "Bandidas") -, la réalisation est pro, à défaut d’être inspirée. Et si le rythme est efficace, la surprise n’est jamais au rendez-vous dans cette succession de numéros imposés. Pas plus que dans le jeu de Johnny Depp, plus caricatural que jamais. Même si on savoure le caméo de Paul McCartney dans le rôle de l’oncle du pirate (après celle de Keith Richards dans celle de son père).


© IPM
Réalisation : Joachim Rønning & Espen Sandberg. Scénario : Jeff Nathanson&Terry Rossio. Musique : Geoff Zanelli. Avec Johnny Depp, Javier Bardem, Geoffrey Rush, Kaya Scodelario… 2 h 09.