Cinéma Les figurines allemandes prennent vie à l’écran. Tous aux abris !

Disons-le tout net : nous ne sommes pas objectif. Dans la vie, il faut faire des choix. On est thé ou café. Beatles ou Rolling Stones. Et, bien sûr, Playmobil ou Lego.

Avec leur coiffure bien proprette, leur corps arrondi et raide à la fois, les Playmobil sont un peu les Beatles des jouets. Rien à voir avec les rock’n’roll Lego, que l’on peut manipuler dans tous les sens jusqu’à leur en faire perdre la tête ou les jambes. Et les réassembler à l’envi, pour recomposer autant de personnages différents. Là où ces pauvres Playmobil sont condamnés à toujours porter le même costume, la même tête et à évoluer dans des décors tout aussi figés…

Catalogue Playmobil

Surfant sur le succès des Lego Movies, Playmobil s’adresse donc aux très jeunes fans des figurines allemandes créées en 1974 par Hans Beck et Horst Brandstätter (auquel est dédié le film). Et, comme leurs modèles respectifs, les deux univers cinématographiques sont diamétralement opposés. Très réussi, le premier Lego Movie intégrait au cœur de son scénario ce qui fait l’essence même des Lego, leur versatilité infinie, ne faisant appel qu’à une seule chose : la créativité et l’imagination des enfants.

Car on ne joue pas vraiment aux Lego; on cherche, on trie, on empile des briques, on construit. Bref, on crée. Tout l’inverse des Playmobil en somme. Réalisé par Lino DiSalvo (qui fut notamment animateur pour Pixar sur Raiponce ou La Reine des neiges), Playmobil le film en est une parfaite illustration, simple catalogue des divers mondes, riches et colorés, qu’offre la marque.

Débutant en "live" comme une sitcom sirupeuse, Playmobil met en scène Marla et son jeune frère Charlie. Quatre ans après la mort de leurs parents, les deux orphelins sont aspirés (façon Jumanji 2 ) dans l’univers Playmobil, où ils vont retrouver leur goût de l’aventure. Débarqué sous les traits de sa figurine fétiche, un puissant Viking (mais en ayant conservé sa voix de petit garçon), Charlie est enlevé par le maléfique empereur Maximilien. Aidée d’un dealer de foin multicolore à chemise hawaïenne (rare trace de fantaisie du scénario…), Marla part à sa recherche. Un scénario prétexte pour parcourir les univers du western, de Jurassic Park, des pirates, de la Rome antique…

Pour autant de genres par lequel passe ce film d’animation ridicule, d’une rare laideur et d’une grande pauvreté visuelle. Là où, encore une fois, Lego Movie impressionnait par sa technique - l’animation reposant uniquement sur des pièces Lego existantes -, qui offrait une explosion visuelle totalement folle, voire carrément anarchique. Quand Playmobil se contente d’une esthétique rose bonbon niaise (on a même droit à une série de chansons stupides) droit sortie d’un dessin animé de l’après-midi pour les petites filles…

© IPM

Playmobil le film Animation De Lino DiSalvo Scénario Greg Erb, Jason Oremland & Blaise Hemingway Avec les voix en VO de Anya Taylor-Joy, Gabriel Bateman… Et en VF de Kad Merad, Franck Dubosc, Jenifer… Durée 1h39.