Avez-vous déjà vu un film en provenance d’Arabie Saoudite ? Pas un panoramique sur des champs de pétrole, pas un survol de la Kaaba encerclée de pèlerins, pas Didier Reynders caressant le léopard d’un trafiquant de drogue; non, un vrai film de fiction.

Pouvez-vous citer le nom d’un réalisateur saoudien? Dès ce mercredi, on peut répondre à ces questions, avec juste une petite nuance, ce n’est pas "un" mais "une" cinéaste. Haifaa Al Mansour est la première réalisatrice d’Arabie Saoudite, un pays où les cinémas sont interdits. Après avoir été récompensé par le prix de la critique internationale au festival de Venise, "Wadjda" sort ce mercredi sur les écrans belges (1).

Longs cheveux de jais, yeux pétillants, sourire chaleureux, Haifaa Al Mansour parle comme Usain Bolt court le 100 m et Déborah François tape à la machine, à une vitesse hallucinante. Peut-être parce qu’elle a tellement de choses à dire, avec un mélange de passion et de douceur.

Car cette jeune femme, que rien ne prédestinait à un tel destin, n’est pas une pasionaria. "Wadjda" raconte une histoire universelle, celle d’une gamine qui voudrait un vélo. Sauf qu’en Arabie Saoudite, les filles ne roulent pas en vélo, pas plus que les femmes ne conduisent d’auto. Le film est l’occasion d’introduire le spectateur dans la vie quotidienne d’une famille des environs de Riyad, de décrire subtilement la condition de la femme, d’interroger, sans effets dramatiques, la culture et les traditions de son pays. Captivant. (1) Lire la critique de "Wadjda"