Après l'annonce tant redoutée du Premier Ministre Jean Castex de maintenir la fermeture des lieux culturels en France au moins jusqu'au 7 janvier, Mathieu Kassovitz a tenu à réagir face à cette nouvelle.

"Je voulais vous montrer la Une de Libération : “Noël : la culture a les boules”, a ainsi lancé le journaliste Maxime Switek, sur BFM TV jeudi soir, au cinéaste français. Vous avez les boules, ce soir ?" Le réalisateur de La Haine a alors assuré que non. "J’ai les boules pour d’autres choses, mais pas pour ce genre de choses, non. On est dans une pandémie mondiale avec des gens qui meurent , un problème qu'on maîtrise pas. L'ouverture des salles de cinéma et des musées est le dernier problème qu'on devrait avoir."

"Les cinémas sont voués à disparaitre et là c'est juste un accélérateur"

Connu pour ses sorties cash et son franc parler, l'amateur de boxe semblait ému pour "les gens qui perdent leur métier" et les petits exploitants qui doivent vendre leur salle à des majors. Mais pas du tout pour les grands groupes. "On parle de deux familles : Gaumont et Pathé, c'est eux qui tiennent toutes les salles. On ne va pas pleurer pour eux, a-t-il ainsi lâché sur BFM TV. Les films ont recommencé, les tournages sont là, les techniciens sont de retour au travail, c'est le principal. […] Le vrai problème c'est pour les gens qui perdent leur métier, leur magasin, leur restaurant, tout ça c'est un problème."

Selon lui, la crise sanitaire ne va faire qu’accélérer le déclin des salles de cinéma. “Malheureusement, les salles ne sont plus essentielles. Je vais faire crier tout le monde, mais le futur du cinéma, il n’est plus là. C’est comme se battre pour qu’une espèce animale ne disparaisse pas”. Avant d'ajouter que “les cinémas sont voués à disparaître et là c’est juste un accélérateur. Il y a beaucoup de salles qui ne seront plus là à la rentrée, beaucoup de propriétaires de cinémas qui vont être obligés de vendre”.

"Un ego mal placé"

Pessimiste sur l'avenir des salles, Mathieu Kassovitz persiste et signe. "Cela fait un an que l’on est face à notre propre mortalité et fragilité, conclut l'artiste de 53 ans. En tant que cinéaste, je suis halluciné du changement de paradigme qui est passé de film de science-fiction à, tout d’un coup, la réalité. La réalité dépasse la fiction." Et met surtout en avant "un ego mal placé" chez une profession qui se pense parfois au centre du monde. "Non, ce n’est essentiel. Excusez-nous, mais ce n’est pas essentiel dans la situation dans laquelle on est. Ce n’est absolument pas essentiel. Vous avez la télé, vous pouvez très bien regarder les films à la maison…"