Prémonition à Cannes ?

Cinéma

Alain Lorfèvre, envoyé spécial à Cannes

Publié le

Prémonition à Cannes ?
© AFP

Une séquence du "Cosmopolis" de David Cronenberg aura tout particulièrement retenu l'attention des Belges et des Français. Le personnage incarné par Robert Pattinson, qui interprète Eric, jeune milliardaire de Wall Street, est à un moment entarté par un activiste roumain incarné par Mathieu Amalric. De quoi nous rappeler les confidences de Benoît Delépine sur la tentative d'entartage géant d'un immeuble bruxellois qu'il avait fomenté avec son complice Gustave Kervern et leur ami Noël Godin. Lequel est personna non grata à Cannes depuis 1994, quand il y avait entarté Bernard-Henri Lévy venu présenter "Bosna !".

Or, BHL présentera ce vendredi soir "Le serment de Tobrouk", documentaire où il relate son engagement auprès des rebelles libyens (notez que sur l'affiche il occupe la place centrale : à Hollywood, c'est la place du premier rôle). Du coup, on fantasme : Thierry Frémaux s'est-il livré à un petit clin d'oeil crypté dans le planning de sa programmation ? Delépine et Kervern sont-ils restés en planque dans une coursive du Palais ? Ont-il le tapis rouge dans la ligne de tir de leur fameuse "tartapulte", la catapulte à tartes qu'ils avaient bricolée en vue de leur attentat pâtissier à Bruxelles ? La conférence de presse de BHL qui devait se tenir à 15 heures, n'a pas eu lieu... Parce que (originalité) elle était programmée avant la projo du film ? Ou par mesure de précaution ?

Fin de party

Le festival va-t-il se terminer comme il a commencé ? Les nuages s'amoncelaient à nouveau, vendredi début d'après-midi, au-dessus de la Croisette. Et le thermomètre est monté au point qu'on l'on redoutait l'orage. De quoi, samedi matin, être raccord avec le titre du film que tout le monde attend encore : "Mud" ("Boue") de Jeff Nichols – qui a ébloui, l'année dernière à la Semaine de la Critique, au point de gagner ses galons pour la Compétition – et un prix ? Pluie ou pas pluie, ça sent en tout cas la fin : à l'instant même d'écrire ces lignes, une consœur vient de sombrer dans un profond sommeil à ma gauche, et un confrère pique du nez sur son iPad à ma droite... (et alors que j'envoie ce texte, un troisième vient tomber dans les bras de Morphée). Ce matin, à la projection de "Cosmopolis" de David Cronenberg, on en a entendu qui ronflaient. Il faut dire que le nouveau film du Canadien, adaptation d'un roman de Don DeLillo, était très bavard et requérait une sacrée dose de concentration des spectateurs. Les festivaliers ont les traits hâves, leurs sacs semblent de plus en plus lourds sur les épaules voûtées, les conversations en anglais deviennent un peu plus nébuleuses. Mais le président Gilles Jacobs, croisé ce matin dans un couloir du Palais des Festivals, reste, lui, impeccable dans son costume crème. Beigbeder aussi, qui déambulait tout seul dans un smoking sur la plage du Majestic - de retour d'une folle nuit ou en prévision de l'avant-dernière ?

Cannes (presque) près de chez vous

Cannes, c'est loin. Et le commun des mortels y a difficilement accès aux films sélectionnées (même si c'est possible). Par contre, pour les Belges, surtout ceux résidant à proximité d'une gare TGV, Paris est devenu une banlieue accessible. Or Cannes s'y délocalise le temps de ce week-end des 25, 26 et 27 mai. A l'instigation de nos confrères du "Monde" et du distributeur français MK2, seize films des diverses compétitions de cette 65e édition sont présentés au cinéma MK2 Bibliothèque. Et non des moindres. "The Hunt"/"La Chasse" de Thomas Vinterberg (l'auteur de "Festen") est l'un des films les plus appréciés de la compétition. De celle-ci, on pourra voir aussi "Paradies Liebe" d'Ulriche Seidl, "Like Someone I Love" d'Abbas Kiarostami et "Cosomopolis" de David Cronenberg. "Broken", film (moyen) d'ouverture de la Semaine de la Critique est également au programme de ce festival de Cannes hors les murs. Pour les plus petits, "Ernest et Célestine" du trio Renner, Aubier, Patar est un incontournable (les festivaliers en ont encore des étoiles dans les yeux). Côté rire, "Le Grand Soir" de Délepine et Kervern avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel va sûrement obtenir les suffrages du public. De quoi se mettre dans le bain, avec la remise des prix, dimanche soir.

Prix belges : et de deux !

Billy Bob, le Jack Russel de Benoît Poelvoorde, qui joue avec son maître dans "Le Grand Soir" des Français Gustave Kervern et Benoît Delépine a reçu le grand prix du jury de la "Palm Dog". Ce prix parodique, créé en 2001 par le critique britannique Toby Rose, récompense le meilleur chien apparaissant dans un film présenté pendant le festival. Les lauréats – ex-aequo – du prix en tant que tel sont cette année Banjo et Poppy, les deux Terriers apparaissant dans "Sightseers" du Britannique Ben Wheatley, en course à la Quinzaine des Réalisateurs. Le prix consiste en un collier en faux diamants, qui a été décoré cette année de l'Union Jack en l'honneur du jubilé de la reine Elizabeth II. Banjo et Poppy rejoignent au palmarès un autre Terrier illustre : Uggie, le partenaire de Jean Dujardin dans "The Artist" de Michel Hazanavicius, présenté l'année dernière.

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