La sortie, ce jeudi, de Black Indians, marque la rentrée du Nova, haut lieu du cinéma underground à Bruxelles. Et pour bien débuter l’année, le Nova a choisi de se placer sous les auspices de Goethe, qui écrivait : "Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même." Du 9 au 23 février, la première programmation de l’année intitulée "Carnaval Totaal !" se propose de faire "un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui à hier. En Europe, où elles sont nées, et dans les mondes colonisés, qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement".

Ce "Carnaval Totaal !" a été conçu en partenariat avec la Société de Carnaval sauvage de Bruxelles qui, depuis 2012, s’inspire de carnavals dans des régions reculées d’Europe pour proposer un défilé partant de la place du Jeu de Balle vers une friche urbaine, le tout en costumes fabriqués à partir de matériaux récupérés sur le marché du Jeu de Balle. Ce carnaval bruxellois engagé se tiendra cette année le samedi 21 mars.

Aux quatre coins du monde

Au menu de ce riche programme du Nova, on retrouve notamment quatre compilations de courts documentaires (Carnaval Xperience les 9 et 12/1, Carnaval, du Sud tot Noord le 10/1, Off Carnaval les 24/1 et 7/2 et Carnaval de chez nous le 25/1), qui nous emmènent de Dunkerque à La Louvière ou Malmedy, en passant par les Pays-Bas, l’Ukraine, Haïti ou encore l’Afrique du Sud.

A l’affiche jusqu’au 23 février, le documentaire Greeting from Krampus de Gabriele Neudecker s’intéresse, lui, à la tradition autrichienne des Krampus, ces créatures mythiques mi-chèvres mi-démons qui peuplent les folklores de l’est de l’Europe et sont toujours utilisés, un peu comme notre Père Fouettard, pour faire peur aux enfants.

Comme Black Indians, The Whole Gritty City de Richar Barber s’intéresse de son côté à l’un des principaux carnavals au monde, celui de La Nouvelle Orléans, au lendemain de l’ouragan Katrina. Le documentariste choisit de se focaliser sur les jeunes enfants et adolescents participant aux fanfares.

Revoir "The Wicker Man" sur grand écran

Côté fictions, impossible évidemment pour le Nova de passer à côté de l’Orfeu Negro, transposition du mythe d’Orphée et d’Eurydice dans la chaleur du carnaval de Rio. Malgré son côté un peu néocolonial, le long métrage de Marcel Camus a marqué l’histoire du 7e Art puisqu’il a non seulement reçu la Palme d’or en 1959 mais aussi l’Oscar du meilleur film étranger l’année suivante.

Ce sera aussi l’occasion de revoir sur grand écran (les 18/1, 24/1 et 22/2) la director’s cut du génial The Wicker Man. S’inspirant des croyances païennes celtiques, ce classique de l’horreur signé Robin Hardy en 1973 reste toujours aussi impressionnant aujourd’hui ! Il a d’ailleurs pas mal inspiré un certain Ari Aster pour son excellent Midsommar , sorti l’été dernier.

Mais la fête surgira également hors de l’écran ! En marge de sa programmation, le Nova propose ainsi une petite exposition collective "Carnaval Totaal !" pour bien préparer le Mardi Gras (qui tombe cette année le 25 février). Tandis que, le 10 janvier, le Collectif anonyme des carnavals ambulants quittera le sud de la France pour rallier Bruxelles, le temps d’une veillée carnavalesque qui s’annonce festive !H.H.

"Carnaval Totaal !", du 9 janvier au 23 février 2020. Rens. : www.nova-cinema.org