Quand Edna (Robyn Nevin), une octogénaire, disparaît, sa fille Kay (Emily Mortimer) et sa petite-fille Sam (Bella Heathcote) se rendent dans sa grande demeure isolée. Quelques jours plus tard, Edna réapparaît sans donner d’explication. Kay et Sam décident de l’assister, mais Edna alterne douceur et agressivité.

La mode est aux variations sur les genres surexploités. Le film fantastique ou d’horreur se dote de réflexion sur le racisme (Get Out, Us, Antebellum). Le remake récent de L’Homme invisible a greffé sur un pitch éculé l’invisibilisation de la violence faite aux femmes. Même greffe féministe ici sur le thème fondateur de l'horreur américaine : la « maison maléfique ». D’autant plus que le film est signé par une réalisatrice, Natalie Erika James, qui tente de déjouer les poncifs du thriller horrifique : refus du gore, huis clos féminin, absence d’explication, fusse-t-elle fantastique, fin à contre-pied qui ressemble à une métaphore sur l’accompagnement de fin de vie et une ode à la compassion et à la non-violence.

Sous ces angles, Relic pourrait presque être un sujet de thèse et fera peut-être l’objet d’études par les spécialistes des questions de genre. Entendez : celui de la construction sociale. Le hic, c’est que le genre du cinéma auquel le film est identifié tourne ici à vide à force d’évitement.

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Relic Film d’horreur De Natalie Erika James Scénario Natalie Erika James & Christian White Musique Brian Reitzell Avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote... Durée 1h29

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