"Film LGBTQ", "Torride", "Intime", "Romantique". De quoi emballer l’algorithme de Netflix sous le coup des clics d’un chaland trompé sur la marchandise.

Pour les plus avertis, un élément de curiosité supplémentaire serait le réalisateur, Ryuchi Hiroki, 67 ans, vétéran du pinku, l’érotisme soft japonais.

Autant dire que la rencontre entre l’intéressé et Netflix paraissait suffisamment incongrue pour faire un détour vers ce road-movie aux apparences, trompeuses également, de Thelma & Louise.


Ride or die est symptomatique des maux de la plateforme, en quête de films formules vendus sur un thème, un genre ou un nom au lustre passé.

Ça commence plutôt bien, en mode Basic Instinct : une jeune femme aguiche un homme dans une boîte de nuit tokyoïte. L’affaire ne traîne pas et voici le tandem dans la maison du papa-san. À peine leurs ébats engagés, l’amazone lui tranche la carotide.

Motif : la victime de Rei est le mari violent de Nanae, une ancienne amie de lycée. Le crime commis, les deux jeunes femmes prennent la fuite. En flash-back, on découvre le pacte qui les unit depuis le lycée et leur attirance, assumée pour l’une, refoulée pour l’autre.

Leur cavale prend des tours et des détours narratifs souvent longuets, comme l’intro du film : 28 minutes avant le générique d’ouverture, c’est un record en son genre.

Le film aurait dû s’arrêter à cette première demi-heure forte et ponctuée d’un vrai point d’orgue. Après, il tourne en rond, fuyant son argument initial (la violence conjugale, vrai sujet de société) pour s’empêtrer dans les atermoiements d’une relation saphique plombée par la complaisance du vieux réalisateur. Son regard est tristement ringard tout comme est anachronique son romantisme de midinette.

Ride or die Road movie en roue libre De Ryuichi Hiroki Scénario Nami Sakkawa d’après le manga Gunjo de Ching Nakamura Avec Kiko Mizuhara, Honami Sato,… Durée 2h22.

© D.R.

Disponible sur Netflix