"Ce qui m'a frappée, c'est que finalement, le côté 'meeting politique' de cette affaire a nui à l'image du cinéma français, alors qu'il est massivement aidé", a déclaré la ministre sur RTL, avançant le chiffre de 1,2 milliard d'euros d'aides au cinéma en 2020.

"La deuxième chose qui m'a frappée, c'est la rupture avec le public, sur les réseaux sociaux, dans les commentaires, alors que les gens aiment leur cinéma...", a-t-elle ajouté. "Il s'est secrété une antipathie absolument incroyable", selon elle.

"Le cinéma, c'est une industrie, culturelle et créative. Les César sont une vitrine pour vendre notre cinéma à l'international. Est-ce que vous voyez l'image que cela a donné? C'est navrant de voir des artistes piétiner leur outil de travail", a-t-elle encore dit.


"C'est navrant ce qui se passe actuellement, de laisser crever des gens comme ça, et je ne parle pas que des artistes mais aussi des étudiants qui sont en train de crever de faim, des gens qui travaillent dans la santé, à l'Education nationale, ça c'est navrant, c'est vulgaire", a réagi depuis Lille la comédienne Corinne Masiero, interrogée sur les propos de la ministre alors qu'elle participait à une assemblée générale dans le théâtre Sébastopol occupé.

Vendredi soir, lors de la 46e cérémonie des César, la scène a servi à plusieurs reprises de tribune aux participants qui ont placé la crise sanitaire et la fermeture des lieux de culture (dont les cinémas) au coeur de leurs déclarations.

"No culture, no future" sur le ventre, "rends-nous l'art, Jean" sur le dos: Corinne Masiero, alias capitaine Marleau sur le petit écran, a marqué les esprits en ôtant un costume de Peau d'âne sanguinolent, se retrouvant entièrement nue sur la scène pour remettre le prix du meilleur costume.

Le réalisateur Stéphane Demoustier, qui a reçu le César de la meilleure adaptation pour "La fille au bracelet", s'est désolé de ce que l'on puisse "aller chez Zara" mais "pas au cinéma".