"Il était une fois sur la nationale 1" : Comment voler deux millions de zlotys

Cette série polonaise est une bonne surprise du catalogue Netflix.

Ces quatre covoitureurs constituent une belle équipe de bras cassés.
Ces quatre covoitureurs forment une belle équipe de bras cassés. ©Netflix

“C’est un braquage !”, balance Emile, un brin hésitant, à une employée pas vraiment impressionnée par le canon de revolver pointé sous son nez. “ Je ne comprends pas, parle plus fort petit” , lui intime la banquière, comme si cette dernière se trouvait face à un enfant venu acheter des cartes Pokémon. Il a beau avoir le charisme et la réussite de Woody Allen dans Prends l’oseille et tire-toi ou de Pierre Richard dans Les Fugitifs , Emile parvient, néanmoins, à s’en sortir. Pour rejoindre l’autoroute et foncer à toute allure à bord d’une BMW bordeaux avec son butin dans le coffre. Le montant : 2 millions de zlotys, soit environ 420 000 euros.

On lui a volé l’auto

Pas de pot, lors d’un arrêt dans une station-service (on pense à Kérozène roman d’Adeline Dieudonné), Emile se fait voler les clefs de son automobile par une adolescente clepto mal dans sa peau. Dianka est une délinquante élevée seule, son père alcoolique roulant en BMW bordeaux également. Le papa et la fille ne sont pas les seuls à reprendre la route à bord du mauvais véhicule.

À l’arrière, il y a leurs deux covoitureurs. Klara, d’abord, part chez sa sœur avec ses valises et son chagrin d’amour suite à sa rupture avec un homme riche. Wojtek, jeune “Casanova” mytho et asthmatique, se fait appeler Roberto et passer pour un écrivain italien sur les applications de rencontre. En principe, ils n’auraient qu’à faire demi-tour, mais l’arrivée d’une femme aux robes pailletées à la Juliette Armanet, d’un maquereau fou furieux, les névroses de chacun et l’appât du gain, vont les entraîner sur un tout autre chemin.

Il était une fois sur la nationale 1 , mi-thriller noir mi-comédie, se révèle être une bonne surprise cachée dans les limbes du catalogue Netflix. Cette mini-série polonaise à l’esthétique pop réussit le pari de faire sourire avec sa bande de bras cassés dysfonctionnelle. Derrière l’humour, la fiction aborde des thèmes plus sérieux et notamment l’avortement. L’IVG est, en effet, quasiment interdite en Pologne, sauf si la vie de la mère est en danger et en cas de viol ou d’inceste.

La qualité du scénario et ses différentes trames qui s’entremêlent tiennent en haleine dans une ambiance “dark” à la Ozark ou à La Trêve (forêts désertes, feuilles mortes à la pelle, brouillard opaque, cris de corbeaux et vieux motel isolé). Seul bémol, certaines péripéties sont un peu trop tirées par les cheveux. C’est le cas, notamment, de la fin du deuxième épisode pas du tout crédible.

”Il était une fois sur la nationale 1”Thriller comique de Grzegorz Jaroszuk et Jakub Piątek - scénario de Dorota Trzaska - Avec Juliusz Chrzastowski, Lukasz Garlicki, Jasmina Polak... Disponible sur Netflix.

étoiles Arts Libre cinéma
étoiles Arts Libre cinéma ©LLB