Cinéma

Pamela vit quelque part en Roumanie dans une maison d’une seule pièce, sans eau courante, avec un seul lit qu’elle partage avec sa grand-mère et sa fille de deux ans et demi. C’est glauque et elle n’a qu’une idée : sortir de ce trou. Elle a pour elle son physique, un charmant sourire et sa volonté. Elle croit avoir trouvé la solution au moyen d’une agence matrimoniale. Son rêve : épouser un Français, car "dans ce pays, les hommes prennent des douches", explique-t-elle à l’employée de l’agence. Ce sera finalement un flamand mais parlant français et vivant à Liège, personne n’est parfait. Alors, une nuit, sans prévenir, elle fait le grand saut, laissant sa grand-mère se débrouiller avec son arrière-petite-fille.


Certes, la simple vue de l’eau coulant d’un robinet la met en état de lévitation mais Pamela a tôt fait de redescendre sur terre tant elle s’ennuie ferme dans son appartement. Et avec ses dix mots, la communication est difficile avec Bruno, plutôt gentil d’ailleurs.

Tout au long, on se demande quand le film va commencer. Quand va-t-il décoller pour confronter le spectateur aux réalités d’être Rom en Belgique ? Quand va-t-il présenter à l’héroïne, le prix à payer pour son rêve ? Quand va-t-il livrer sa raison d’être ? Quand son nœud dramatique va-t-il se nouer ? En attendant, on assiste à un ouvrage dont l’ambition artistique consiste à imiter superficiellement les Dardenne, sans leur rigueur et sans l’enjeu moral de leurs scénarios. On suit une fille paumée dans un scénario convenu, mis en scène de façon malhabile avec des acteurs mal dirigés qui enfilent des situations stéréotypées jusqu’au plan final qu’on voit venir.

Documentariste, Marta Bergman signe un premier long métrage d’à peine fiction qui enchaîne les clichés, manipule maladroitement le spectateur dans les fausses pistes et le prend en otage à la pitié. Le poncif même du film belge plombant comme on n’en fait plus.

Seule à mon mariage Drame De Marta Bergman Avec Alina Serban, Tom Vermeir. Durée 2h01.

© IPM