Quand le remake américain donne du goût à une daube française.

Au cinéma, le remake est réservé aux œuvres marquantes pour leur qualité ou leur rentabilité sous d’autres cieux.

Le moins qu’on puisse dire c’est que "Nuit blanche" n’appartient ni à la première, ni a la deuxième catégorie. Le film "original" de Frédéric Jardin en 2011 n’affiche aucune qualité formelle - bien au contraire - et aucune performance financière. Qu’il fasse l’objet d’un remake américain est tout bonnement extraordinaire. Mais l’extraordinaire ne s’arrête pas là car le remake est bien meilleur que l’original.

Faut dire qu’on partait de très bas. Quelle est donc l’idée à remaker ? Unité de temps, celui d’une nuit blanche - unité de lieu, une méga boîte de nuit tenue par des mafieux - unité d’action : pif-paf, pan-pan. Dans le film américain c’est James Foxx qui s’y cogne et cela va pleuvoir. Heureusement, le garçon a une personnalité, des épaules et une faculté de récupération hors du commun. Plus rien à voir avec Tomer Sisley, ce Largo Winch qui incarnait une mouche, allant d’un coin à l’autre de la boîte de nuit, en se la pétant d’un air inspiré.

A Hollywood, on voit grand, on a élargi le lieu de l’action aux dimensions d’un grand hôtel casino de Las Vegas : couloirs kilométriques, cuisines extra-larges, parking où l’on pourrait organiser un grand prix de F1, débauche de lumières et dance-floor overbooké. Dans cet environnement, avec quelques cascadeurs expérimentés, l’histoire de ce flic infiltré qui doit récupérer son fils détenu par des trafiquants de drogue patibulaires, finit par prendre. C’est parti pour un thriller d’action musclé, pas révolutionnaire mais efficace. C’est parti pour un remake pas du tout attendu mais bien mieux que l’original.


© IPM
Réalisation : Baran bo Odar. Avec Jamie Foxx, Michelle Monaghan, Dermot Mulroney… 1 h 35.