Cinéma

Pour "Paterson", le plus beau film de l’année. Pour un récit sans drame ni portable mais rempli de poèmes du quotidien. Pour les plans-tableaux exposés au cinéma Galeries à Bruxelles. Entretien.

Place de Vendôme à Paris. Il faut le connaître pour le voir. "Les Jardins de la reine" est un hôtel de charme, plus encore à cette saison avec la vigne aux couleurs d’automne qui emballe la façade. Jim Jarmusch est de passage pour saluer quelques amis et parler de son dernier film. Son meilleur film, "Paterson", impossible à pitcher. Essayons quand même.

C’est l’histoire d’un homme, d’une femme et de leur chien. Mais encore ! L’histoire d’un chauffeur de bus à Paterson, New Jersey, qui écrit des poèmes. De sa femme qui reste à la maison, peint les rideaux, apprend la guitare, cuisine des cupcakes. De leur chien, un bouledogue anglais, qui les observe et n’en pense pas moins. Et cela suffit pour réussir le meilleur film de l’année ? Oui, il provoque une réaction chimique, c’est une sorte d’outil pour fissurer la routine avec des mots, pour enchanter le quotidien avec l’odeur des cupcakes. "Paterson" pulvérise aussi l’adage qu’on ne fait pas de bon film avec de bons sentiments. Jim Jarmusch, lui, réussit un chef-d’œuvre.