Disponible ce mardi en Premium VOD, The Beast est un polar coréen ultra-violent signé Jung-ho Lee.



Depuis Old Boy de Park Chan-wook en 2003, Memories of Murder de Bong Joon-ho en 2004 ou encore A Bittersweet Life de Jee-woon Kim en 2006, le polar coréen a imposé un véritable savoir-faire: image chiadée, intrigue bien tordue, goût pour la violence et comédiens au sommet. C’est donc avec une vraie attente qu’on se jette sur The Beast, deuxième long métrage du Coréen Jung-ho Lee, qui sort ce mardi en "Premium VOD".

Dès la première scène, on a compris qu’on est dans un film noir de chez noir. Non pas tant parce qu’il fait nuit, mais par la violence des deux tueurs à gage que l'on découvre, plus attentionnés envers le petit faon qu’ils viennent de renverser en voiture qu’avec leur future victime enfermée dans le coffre. Et qu’ils exécuteront quelques minutes plus tard sans ménagement dans la campagne au milieu de nulle part…

Le lendemain, le corps d’une jeune fille de 17 ans démembrée est découvert. L’affaire prend rapidement de l’ampleur médiatiquement. De quoi pousser le chef de la police de Séoul, pour résoudre l'affaire le plus rapidement possible, à mettre en concurrence Han-su (Lee Sung-min) et Min-tae (Jae-myung Yoo), deux inspecteurs que tout oppose: conception du métier, moralité, tolérance vis-à-vis de la loi… À la clé pour celui qui résoudra l’affaire, une belle promotion.

Remake coréen

Une enquête opposant deux policiers antagonistes… Voilà qui rappelle quelque chose: le scénario de 36 Quai des Orfèvres, qui transformait l’ex-flic Olivier Marchal en cinéaste et confrontait Daniel Auteuil et Gérard Depardieu dans une guerre des polices exacerbée entre la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) et la Brigade de répression du banditisme (BRB). Comme si l’original n’était pas assez noir, Jung-ho Lee remplace les braqueurs de transports de fonds par un tueur en série totalement pervers. Ce faisant, le cinéaste coréen lorgne plus vers Hollywood, sans réellement convaincre. À force de multiplier les sous-intrigues et les rebondissements, le scénario se fait qui plus est plutôt confus…

Ce que garde par contre le cinéaste du film d'Olivier Marchal, outre la prémisse de départ, c’est le goût pour la violence, qui, ici, confine par moments à un gore auquel nous a souvent habitué le cinéma coréen. On se souvient évidemment du final du palmé et oscarisé Parasite de Bong Joon-ho… Sauf que ce dernier utilise la violence pour dire quelque chose de l’injustice de la société coréenne, là où Jung-ho Lee se contente d’un film de genre très complaisant.

  • Disponible en Premium VOD sur Proximus Pickx, Voo, UniversCiné et Lumière dès le 21 avril.

© Cinéart

The Beast / Biseuteo Polar noir De Jung-ho Lee Scénario Jung-ho Lee Photographie Ju Sung-lim Musique Mowg Montage Shin Min-kyung Avec Sung-min Lee , Chea-myung You, Hye-jin Jeon Durée 2h06

© Cote LLB