À Venice Beach, près de Los Angeles, le restaurant Gjelina fait fureur. Il faut réserver des jours à l’avance pour pouvoir s’attabler dans ce joli bistro proposant une cuisine californienne contemporaine enthousiasmante, basée sur des produits de saison et locaux. Sans le savoir, on déguste notamment ici les fruits et légumes de l’Apricot Lane Farms, installée à Moorpark, à une heure de route de Los Angeles. Cette petite structure familiale vend également ses produits bio à Salt&Straw, le glacier le plus hype de L.A., ou sur le très chic marché fermier de Santa Monica.

C’est de là qu’est partie l’aventure de The Biggest Little Farm. Cette ferme pas comme les autres, on la doit en effet à un couple qui habitait autrefois un petit appartement à Santa Monica. John Chester était cameraman pour des documentaires nature et son épouse Molly chef à domicile. Son rêve ? Pouvoir faire pousser tout ce qu’elle cuisinerait au sein d’une ferme telle qu’on l’imagine dans les livres pour enfants, avec des vaches, des moutons, des poules… Un rêve devenu réalité pour les beaux yeux de Todd, leur "premier enfant", un chien adopté qui ne supportait pas la solitude et aboyait toute la journée. Au point de voir le couple se faire expulser de son appartement. C’est le déclic qui pousse John et Molly à acheter 80 hectares de terres au nord de Los Angeles…


Une belle histoire

C’est l’histoire de cette ferme, née de rien mais avec de solides investisseurs (qui ont cru dans la démarche de nos deux néofermiers idéalistes), que raconte John Chester, à la première personne et sur huit années, dans The Biggest Little Farm. De 2010 à 2018, il a en effet filmé les principales étapes de cette "belle aventure" américaine qui leur a permis, à sa femme et à lui, de développer une ferme aujourd’hui modèle, avec l’aide d’Alan York, gourou de la biodynamie décédé pendant le tournage.

En voix off, John Chester raconte de façon très hollywoodienne, très dramatique (en transformant notamment les animaux de la ferme en véritables personnages), les mésaventures successives auxquelles ont dû faire face les deux néoruraux : carnage dans le poulailler par les coyotes, infestation d’escargots dans les citronniers, étang contaminé par l’algue verte… Chaque action humaine implique une réaction de la nature, qu’il faudra à nouveau contrer, dans une chaîne sans fin.

Telle est la leçon de The Biggest Little Farm : nous faire comprendre combien est longue la route de l’harmonie. Pourtant, en huit ans, d’un sol totalement mort, Molly et John sont parvenus à recréer un biotope sain, dans lequel la nature sauvage a retrouvé ses droits, avec le retour des abeilles, des rapaces et même du lynx…

En renouant avec l’esprit d’une agriculture ancestrale, mais avec des techniques ultra-modernes, en mêlant dans les mêmes parcelles élevage et cultures, Molly et Chester ouvrent une voie enthousiasmante pour l’agriculture de demain. Et ils donnent sacrément envie de plonger à son tour les mains dans la terre !

The Biggest Little Farm Documentaire de société De John Chester Musique Jeff Beal Avec John et Molly Chester. Durée 1 h 30.

© IPM