"The black book", comme "Survivre avec les loups", mériterait sans doute sa petite enquête sur la valeur de sa mention "inspirée d'une histoire vraie". S'il y a des morceaux de "vrai" dans certains faits, le scénariste a cependant pris soin de faire monter la sauce avec les ficelles et la virtuosité d'un feuilletoniste. Le métier et les obsessions de Paul Verhoeven ont fait le reste, assurant 2h30 de suspense ininterrompu dans les pas d'une belle juive utilisée par un réseau de résistance pour séduire un chef de la Gestapo en Hollande. Toutefois, le déversement d'un tonneau d'excréments sur l'héroïne provoque un électrochoc : tout ce récit palpitant pour en arriver à mettre dos à dos nazis et résistants, pour inspirer le dégoût à l'égard d'un héros de l'armée de l'ombre et de la compassion pour un tortionnaire de la Gestapo ! II y a un sens de la nuance dont Verhoeven n'a aucune envie de s'encombrer, préférant un simplisme à vomir. Reste, à la réflexion, que ce film illustre une dimension peu évoquée dans l'immense filmographie consacrée à la Seconde Guerre mondiale : les nazis n'étaient pas seulement mus par l'idéologie de la race supérieure, mais aussi par l'appât du gain et la chasse aux juifs était aussi une affaire d'escrocs. En 2006, cette plus grosse production de l'histoire du ciné néerlandaise révélait Carice Van Houten. (F.Ds) (Pathé)