Jeune veuve, Edith Pretty (Carey Mulligan) engage Basil Brown (Ralph Fiennes), un archéologue autodidacte pour entamer des fouilles sur un terrain tout proche de sa demeure. Un chantier qu’elle souhaitait mener avec son époux, aussi passionné d’archéologie qu'elle, mais qu’elle a dû abandonner à la mort de celui-ci. Les rumeurs d’une guerre imminente contre l’Allemagne rendent l’entreprise d’autant plus pressante et incertaine.

Creuseur "unorthodoxe" et sans formation, si ce n’est celle reçue auprès de son père et à travers de nombreux livres, Basil Brown (Ralph Fiennes) est un homme passionné et travailleur. Pour la première fois, le voici maître de son propre chantier de fouilles: une vaste étendue de monticules qui pourraient receler, il en est sûr, des découvertes majeures…

Ce film est basé sur une histoire vraie : celle de la découverte du plus fantastique trésor du XXe siècle en Grande-Bretagne, le trésor de Sutton Hoo. Pour la retracer, la scénariste Moira Buffini s’est inspirée du roman de John Preston, paru en 2007. Par petites touches, elle dépeint la rencontre de deux fortes têtes, une histoire d’intuition et de persévérance aussi puisqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale, les archéologues reconnus ne voulaient pas entendre parler de ce chantier de fouilles lancé par une noble propriétaire dans le Suffolk.

La beauté des destins singuliers et évocateurs

La caméra de Simon Stone (Le secret des Finch) rend grâce à cette communauté improvisée, ces destins ordinaires sortis de leur torpeur et placer face à des choix déterminants. Il insuffle de la beauté et du mouvement dans chaque plan, effaçant le poids des costumes ou de l’époque. Une grande part de la beauté de ce récit organique tient à l’attention accordée aux détails des fouilles, à chaque étape du chantier, à la façon d’y travailler avec minutie et humilité ainsi qu'aux imaginaires réveillés par ces découvertes chez tous les creuseurs, même amateurs. A travers ce projet, chaque femme et chaque homme réévalue ses aspirations, ses craintes, ses joies et ses doutes, toutes ces émotions qui rendent chaque trajet de vie si singulier.

The Dig est un film sur la patience et la passion. Une histoire de lutte contre le temps : celui qui nous reste, celui qu’on nous impose ou celui qui nous file entre les doigts. Une histoire terriblement humaine qui parle de l’importance des intuitions et du fait de vivre ses passions à fond. Un récit romanesque qui met en lumière les traces qu’on laisse derrière soi aussi.

Même si cette histoire aurait certainement gagné à être vue sur grand écran, sa beauté infuse grâce au talent du directeur de la photographie, Mike Eley, qui magnifie les êtres et les lieux à travers une esthétique et une lumière qui soulignent d’autant mieux cette course contre la mort qui menace.

Aux côtés de Ralph Fiennes et Carey Mulligan, le jeune Archie Barnes joue une partition d’une grande justesse. Lily James est formidable en épouse résignée.

The Dig** Réalisation Simon Stone, avec Ralph Fiennes, Carey Mulligan, Lily James et Johnny Flynn. 1h52.

© D.R.