Michael Fassbender et Alicia Vikander réunis dans une tragédie plombée par son académisme.

Présenté à la Mostra en septembre puis à Gand il y a quelques semaines, "The Light Between the Oceans" offre une affiche de rêve, réunissant pour la première fois à l’écran deux des acteurs les plus talentueux du moment (formant qui plus est un couple glamour en dehors des plateaux): Michael Fassbender et Alicia Vikander. Dans cette adaptation d’un obscur roman australien publié en 2012, ils incarnent un gardien de phare et sa femme vivant isolés sur un îlot au milieu de l’océan, au large des côtes australiennes. Incapables d’avoir d’enfants, ils recueillent un jour, dans une barque échouée, un bébé, qu’ils décident d’élever comme leur propre fille. Même après avoir découvert qui était la mère de celle-ci…

Pour son troisième long métrage, Derek Cianfrance ("Blue Valentine", "The Place Beyond the Pines") déçoit avec un drame historique ampoulé situé à la sortie de la Première Guerre mondiale… Le réalisateur américain aimerait, à partir du beau dilemme moral posé par l’intrigue, nouer un grand mélodrame. Sauf que tout est tellement appuyé que tout sonne faux. Rien ne nous est épargné dans une tragédie larmoyante grevée de longueurs, minée par un romantisme de pacotille. Le tout enrobé dans une partition sirupeuse à souhait signée par le Français Alexandre Desplats et une esthétique de carte postale multipliant les belles images d’océans et de couchers de soleil…

Plus surprenant encore, Cianfrance se révèle un bien piètre directeur d’acteurs. Si Fassbender parvient à conserver un brin de dignité à son personnage, Vikander, habituellement épatante, se transforme, au bout de deux scènes, en véritable tête à claques, incapable de dépasser le stade de la caricature hystérique de la mère et de l’épouse déchirées.


© IPM
Scénario & réalisation : Derek Cianfrance (d’après le roman de M.L. Stedman). Photographie : Adam Arkapaw. Musique : Alexandre Desplat. Avec Alicia Vikander, Michael Fassbender, Rachel Weisz… 2 h 13.