Une aventure animalière plaisante mais sans originalité.

Les animaux gardent la cote dans le cinéma d’animation. Humanisés, ils en font le sel depuis le fondateur "Felix the Cat" (1919), jusqu’au récent "Zootopie" (2016). "Comme des bêtes" ne déroge pas à la règle, s’amusant de "la vie secrète des animaux de compagnie" ("The Secret Life of Pets", titre original du film).

Soit celle de Max, Gidget, Chloe, Pops et Sweet Pea (un Jack Russel, un Spitz nain, un chat obèse, un basset, une perruche) qui attendent chaque jour, dans le même immeuble new-yorkais, le retour de leur maître respectif. Cette première piste narrative - que font les animaux dans notre dos ? - cède rapidement la place à une aventure plus classique. Le train-train de Max est perturbé lorsque sa maîtresse ramène Duke, un Terre-Neuve imposant. La mésentente entre les deux chiens les mène à la rue, où deux agents de la fourrière les capturent. Sur le chemin du refuge, ils sont libérés par les "Animaux des Egoûts", des laissés pour compte de la vie domestique, rejetés par leur maître et qui nourrissent une haine des humains. Pendant ce temps, Gidget, secrètement amoureuse de Max, organise les recherches pour le retrouver.

Nouvelle création du réalisateur Chris Renaud et du studio Illumination Entertainment ("Moi, moche et méchant", "Les Minions"), "Comme de bêtes" ne révolutionne rien, même si les amis des animaux domestiques riront des tics des comportements caricaturés par les animateurs. On a parfois l’impression de revoir certains décors ou péripéties - du monde des égoûts de "Souris City" d’Aardman au (récent) vol de camion par les animaux dans "Le monde de Dory" de Pixar. Il y a même une auto-citation, avec le ballet de saucisses de Francfort, dont la multitude uniforme mais bigarrée rappelle la truculence des Minions.

C’est le serpent (pardon : le chien) qui se mord la queue. Illumination s’était distingué avec le premier "Moi, moche et méchant", à la marge des productions commerciales grand public. Après un "Minions" déjà décevant, le studio franco-américain n’assure déjà plus que le minimum syndical du divertissement estival : emballé, pesé, poli et rythmé, (vite) produit à la chaîne et livré pop-corn en main. L’aventure se déroule sur une journée, et puis la vie tranquille des animaux reprend son cours. Comme celle des spectateurs qui sortiront de la salle amusés à défaut d’être éblouis.


© IPM
Réalisation : Chris Renaud. 1h30