Peter (Matthias Schoenaerts) et Michael Flood (Joel Kinnaman) sont cousins. Ils ont grandi ensemble, après la mort tragique de la sœur de Peter, puis de son père. Le premier tente de rester dans le rang, alors que le second est à la tête d’un petit gang mafieux irlandais, lorgnant sur des chantiers détenus par des Italiens. Alors qu’un des leurs est retrouvé mort, Michael exige l’aide de son cousin dans la guerre qui s’annonce dans les rues de Philadelphie…


Polar ultra-classique

Adaptation d’un polar de Pete Dexter, Sons of Philadelphia est le second long métrage de Jérémie Guez. Romancier, mais aussi scénariste - il a notamment bossé sur Yves Saint Laurent de Jalil Lespert et sur Carnivores des frères Renier -, le Français livre un petit polar noir sans la lignée de The Town de Ben Affleck en 2010. L’action ne se déroule pas à Boston, mais à Philadelphie. Mais on reste sur la Côte Est, en plongeant dans les différentes communautés qui font l’identité d’une grande ville américaine : Irlandais, Italiens, Polonais…

Comme souvent dans ce type de polar, la tragédie n’est jamais loin, le destin frappant ses personnages, prisonniers de l’héritage de la violence. Sons of Philadelphia est en effet construit sur de constants allers-retours entre présent et passé. Où l’on découvre le malheur qui a frappé Peter alors qu’il était enfant. Mais où l’on comprend, aussi, que la relation, de plus en plus tendue, qu’il vit avec son cousin, n’est pas sans rappeler celle qui unissait son père et son oncle.

On l’a compris, avec Sons of Philadelphia, on reste dans le classicisme le plus pur. Jérémie Guez signe un polar américain quasi archétypal. On y retrouve les ambiances sombres, les lieux et les gueules cassées qui hantent depuis toujours les séries B hollywoodiennes. Mais le Français peine à surprendre, à imposer sa patte, à dépasser les clichés du genre pour conférer un peu de profondeur au récit.

Il peut malgré tout compter sur un solide casting. Dans un rôle taciturne dans lequel il excelle (mais dans lequel Hollywood semble de plus en plus l’enfermer depuis Rundskpop), le Flamand Matthias Schoenaerts est irréprochable. Face à lui, on retrouve un autre beau ténébreux, Joel Kinnaman. Découvert dans l’excellente série The Killing (2011-2014), l’acteur suédo-américain avait été revu en RoboCop (2014) et House of Cards (2016). Il incarne avec une vraie fragilité la descente aux enfers d’un patron de mafia versant dans la folie et emmenant tout le monde dans son sillage…

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Sons of Philadelphia / The Sound of Philadelphia Polar Scénario & réalisation Jérémie Guez (d’après le roman Brotherly Love de Pete Dexter) Avec Matthias Schoenaerts, Joel Kinnaman, Ryan Philippe… Durée 1h30

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