Déjà en dispute avec son frère Loki, le dieu nordique découvre qu’il a une sœur très agressive, Hela, la déesse de la mort.

Difficile de prévoir quand les fans les plus acharnés de l’univers Marvel arriveront à saturation. Les héros interagissent de plus en plus les uns avec les autres et font tant de private jokes qu’il faudrait presque entamer des études en Marvelologie pour comprendre toutes les références. Mais avec la dix-septième aventure des créatures de Stan Lee, force est de constater que Disney met les petits plats dans les grands pour éviter la monotonie. Avec "Thor : Ragnarok", changement de ton complet pour le fils du dieu Odin. L’aventure au premier degré, qui confinait parfois au mononeurone, cède la place à l’ironie, la dérision et l’humour décalé dans les situations les plus dramatiques, comme dans les vieux James Bond en version Roger Moore ou dans les films d’action des années 80. La pièce de théâtre parodique donnée en l’honneur des divinités nordiques et dans laquelle apparaît Matt Damon illustre à merveille cette modification de registre.

Pourtant, le contexte se révèle fort dramatique. La lutte de succession est ouverte et ne concerne pas seulement Thor (Chris Hemsworth) et Loki (Tom Hiddleston). Tous deux apprennent qu’ils ont une sœur, Hela (Cate Blanchett), déesse de la mort, qui s’est chargée des basses œuvres lors des conquêtes sanglantes d’Odin et qui y a pris tellement goût qu’elle s’est retrouvée exilée lorsque son père est revenu à un comportement nettement plus pacifique. Sa venue correspond au déclenchement d’une malédiction, le Ragnarok, à savoir la destruction d’Asgard.

Autant dire que tout dieu qu’il soit, Thor a besoin d’aide. Du Docteur Strange (Benedict Cumberbatch), notamment. Et surtout de l’Avenger avec lequel il est le plus souvent en compétition, Hulk (Mark Ruffalo). Car sur sa route va aussi se dresser le Grand Maître, sorte de Jules César de l’espace très porté sur les combats de gladiateurs et incarné avec beaucoup de délicatesse par Jeff Goldblum.

Taika Waititi en profite pour glisser quelques remarques étonnantes sur Iron Man (dont les pantalons sont fort étroits, vous comprendrez en voyant le film), mais aussi des clins d’œil au "Seigneur des anneaux" (pour la cache des rebelles dans Asgard), "Les Dix commandements" (la fuite) ou "Star Wars" (pour les vaisseaux). C’est assez long (2 h 10), pas follement original au niveau du scénario, mais terriblement divertissant et truffé de bons mots. Au contraire d’Asgard, la saga n’est donc pas mise en péril par ce dix-septième volet superhéroïque.


© IPM
Réalisation : Taika Waititi. Avec Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Tom Hiddleston, … 2h10.