MYTHIQUE

Avril brisé ***

Dans le Nordeste brésilien, deux familles se livrent, depuis la nuit des temps, à une épuisante vendetta les laissant l'une et l'autre exsangues... Absurde, la tradition se perpétue, jusqu'au jour où Pacou, un jeune garçon, refuse de se résoudre à la fatalité. Adaptant Ismaïl Kadaré, Walter Salles signe un récit de vengeance, d'amour et de sacrifice empruntant largement au mythe. Jouant de la dilatation du temps, exploitant au mieux les contrastes saisissants de la lumière brésilienne, une réussite plastique portée par un vibrant souffle de vie. 1h39 (J.-F.Pl.) (LLC n°230)

LUMINEUX

The Eye

(Jian gui) ***

S'inscrivant dans la lignée du cinéma fantastique asiatique, les frères jumeaux Oxide et Danny Pang transcendent l'horreur dans «The Eye», grâce à une esthétique superbement léchée. À travers les nouveaux yeux de Mann, jeune femme qui retrouve la vue suite à une transplantation de cornée, c'est l'univers parallèle de la mort que l'on découvre, constamment à nos côtés. Pour nous montrer cette autre réalité, les frères Pang développent une mise en scène inventive et visuellement superbe. 1h38. (H.H.) (LLC n°231)

GIVRÉ

Noi Albinoi ***

A dix-sept ans, Noi Albinoi, figure énigmatique promenant une silhouette dégingandée surmontée de son inamovible bonnet, ne rêve que d'une chose: quitter le fjord reculé où il mène une morne existence, faite d'ennui et de (400) coups foireux. Il y a loin toutefois de la coupe aux lèvres, encore qu'avec un petit coup de pouce du destin...

Premier film du réalisateur islandais Dagur Kari, «Noi Albinoi» est un concentré d'humour absurde, un film givré en forme de chronique en non-mots et de portrait d'un rebelle mou. Et une oeuvre pénétrante, touchant, sous sa luminosité glacée, à l'essence des êtres. 1h33. (J.-F. Pl) (LLC n°234)

© La Libre Belgique 2003