A la petite semaine **

et Clovis Cornillac

Après un séjour à l'ombre, Jacques retrouve naturellement son quartier de St-Ouen et son quartier général, «Chez Roger», bistrot comme on n'en fait plus. Le gaillard a décidé de se retirer des affaires, ses amis pourraient fort bien lui forcer quelque peu la main... Après «Kennedy et moi», Sam Karmann change de registre, avec un film choral sur le «milieu». Doté d'un cachet à l'ancienne point déplaisant, «A la petite semaine» est un film attachant, un plaisir d'écriture et d'acteurs - Jacques Gamblin, Gérard Lanvin et Clovis Cornillac, tous trois impeccables. 1h40. (J.-F.Pl.) (LLC n°228)

L'Ange de l'épaule droite (Fararishtay Kifti Rost) **

Pour son deuxième long métrage, Jamshed Usmonov livre un conte cruel. Son personnage Hamro quitte Moscou pour s'en revenir dans son village natal tadjik veiller sa mère mourante. Ce retour sera pour lui l'occasion de faire l'expérience de l'inhumanité, tant la sienne que celle des gens qui l'entourent. Réunissant notamment son frère et sa mère dans les rôles principaux, le réalisateur tadjik adoucit l'aridité du propos et de la réalisation par des touches de nonsense et un humour féroce. 1h25. (H.H.) (LLC n°235)

Les aventures de Porcinet **

Une série d'aventures charmantes et savoureuses venues rendre ses mérites à Porcinet, jusqu'ici le plus effacé des compagnons de Winnie l'Ourson. Pour les plus jeunes, la démonstration que l'on peut être petit mais réaliser de grandes choses... 1h20. (J.-F.Pl.) (LLC n°227)

Les Beaux-pères

(The In-Laws) *

Nostalgique sans doute de la comédie fantaisiste, façon «diamant vert», Michael Douglas enfile la panoplie d'un James Bond de pacotille dont la nouvelle mission consiste à marier son fils tout en menant une opération ultra-délicate. Le choc des responsabilités et des personnalités est la source des gags que l'entregent de l'acteur vedette emballe tant bien que mal, car cette comédie d'Andrew Fleming est rarement originale et parfois même nauséeuse. 1h40. (F.Ds.) (LLC n°235)

Bienvenue au gîte *

Caroline et Bertrand, deux Parisiens, pensent changer de vie et sauver leur couple en achetant un gîte dans le Sud de la France. Une fois sur place, force est de constater que le rêve a un goût amer. Pour son deuxième film, Claude Duty retrouve la Robin des Bois Marina Foïs et lui donne pour compagnon Philippe Harel pour une comédie anecdotique sur les clichés liés au fantasme du retour à la vraie vie campagnarde. À côté des deux comédiens joyeusement complémentaires, on retrouve une galerie de seconds rôles plutôt bien croqués. 1h45. (H.H.) (LLC n°236)

Blue Gate Crossing (Lanse da men) ***

Comment traiter d'un sujet rabâché, les amours et la quête d'identité d'ados d'aujourd'hui? Le jeune Taïwanais Yee Chih-yen choisit la finesse et la simplicité, qui font de ce «Blue Gate Crossing» un portrait subtil d'une jeunesse romantique qui n'a rien perdu de sa candeur et de son innocence. A travers une image superbe, le réalisateur promène, sans les perdre, ses personnages dans un Taïwan moderne où peuvent encore s'exprimer des émotions pures, quand un regard est échangé ou quand des mains se croisent. 1h25. (H.H.) (LLC n°234)

Bringing down the house (Bronx à Bel'Air) *

Alors qu'il attend une blonde classieuse draguée sur Internet, un avocat fortuné voit débarquer une ex-taularde black. Le réalisateur, Adam Shankman, met en scène la rencontre de Steve Martin et Queen Latifath, le vieux comique blanc et la nouvelle comique noire. Soit un petit choc provoquant de petites étincelles car l'alchimie n'est pas au rendez-vous. Dès lors, l'un et l'autre emploient des moyens comiques qui ont fait leurs preuves mais ne brillent pas par leur subtilité. 1h45 (F.Ds.) (LLC n° 234)

Bruce Almighty

(Bruce tout puissant) **

Le tandem Tom Shadyac- Jim Carey nous revient après «Ace Ventura» et «Liar Liar». Mais cette fois, le visage élastique de Carey se fait moins agaçant car moins omniprésent. L'acteur incarne ici Bruce Nolan, reporter TV qui accumule les reportages minables. Malgré une femme charmante (Jennifer Aniston), il ne supporte plus sa vie et s'en remet à Dieu (Morgan Freeman). Ô surprise! celui-ci l'entend et lui offre ses pouvoirs pour une semaine. «Bruce Almighty» devra apprendre à s'en servir au mieux. Un agréable moment de détente, à travers une série de gags plutôt réussis. 1h41. (H.H.) (LLC n°227)

Ce jour-là *

Pour renflouer ses affaires, un patron met au point un plan d'une rare perversité, en organisant l'évasion d'un fou voulant tuer sa fille. Raoul Ruiz met en scène une comédie noire, assez frappée, qui parfois passe, parfois casse. Sans doute la dose de surréalisme est-elle excessive et la critique du capitalisme - prêt à tuer ses propres enfants -, un peu simpliste. Avec Bernard Giraudeau, Elsa Zylberstein et un jubilatoire Jean-Luc Bideau..1h45. (F.Ds.) (LLC n°235)

Charlie's Angels:

full throote -

Des images mais plus de récit, un écran qui clignote et un son assourdissant pour combattre les effets endormants de la digestion, des pétasses, des motos, des bagnoles de sport: cette suite des «drôles de dames» réalisée par le même McQ pulvérise les limites de la bêtise au cinéma et définit les spécificités d'un nouveau genre cinématographique, le genre pop-corn, la popcornerie s'adressant plus directement aux estomacs qu'aux spectateurs. 1h45. (F.Ds.) (LLC n°228)

Choses secrètes *

Deux jeunes femmes décident de se servir du sexe comme instrument d'ascension sociale. Une entreprise couronnée de succès, jusqu'au jour où elles croisent Christophe, esthète de la manipulation, doublé d'un libertin de tendance sadienne. De Jean-Claude Brisseau, un film sur le plaisir et la transgression. Un temps troublant, à l'instar de Coralie Revel, «Choses secrètes» apparaît bientôt un peu vain, jouant excessivement de l'accumulation, sans pouvoir éviter divers clichés. 1h55 (J.-F.Pl.) (LLC n°233)

City by the Sea **

A travers une intrigue alambiquée, Michael Caton-Jones promène Robert DeNiro sur les lieux de son enfance, Long Beach, pour lier la destinée de cette cité balnéaire à celle d'un inspecteur de police, tous deux marqués par l'abandon. Ce dernier est chargé d'enquêter sur la mort d'un dealer, dont le principal suspect n'est autre que son propre fils, qu'il a abandonné 14 ans auparavant. Soit une oeuvre sombre, au climat pesant, où la fatalité semble être la seule option philosophique valable. 1h48. (H.H.) (LLC n°234)

Darkness *

Grâce à son premier film «Los Sin Nombre», le réalisateur espagnol Jaume Balaguer a été remarqué aux Etats-Unis. Avec «Darkness», il revient donc nous glacer le sang en anglais et en compagnie de comédiens internationaux (Anna Paquin, Giancarlo Giannini). L'idée de départ est excellente: transformer la peur du noir en mal absolu s'abattant sur la maison d'une famille ordinaire. Si Balaguer parvient à créer un climat angoissant, c'est malheureusement pour mieux le faire disparaître grâce à des effets lourdauds et une intrigue un peu trop explicite, ne laissant pas de place au mystère. 1h42. (H.H.) (LLC n°227)

Dirty Pretty Things **

Partageant infortune et emplois précaires, deux immigrés illégaux en Angleterre sont bientôt les témoins d'un sordide trafic d'organes. Poursuivant son exploration de la société britannique, Stephen Frears s'arrête sur le drame des clandestins. Polar et film social, «Dirty Pretty Things» affiche beaucoup de bonnes intentions et pas moins d'humanité, mais souffre du simplisme de son intrigue comme du manichéisme de certains personnages - en particulier celui qu'interprète Sergi Lopez. Avec aussi Audrey Tautou, dans son premier rôle en anglais. 1h37. (J.-F. Pl.) (LLC n°235)

Les Égarés *

Juin 40. Sur la route de l'exode, un jeune homme (Gaspard Ulliel), aussi étrange que sauvage, vient spontanément en aide à une jolie femme (Emmanuelle Béart) et ses deux jeunes enfants dont la voiture vient d'être pulvérisée par un stuka. Avec délicatesse, André Téchiné met en scène un joli récit d'apprentissage. Trop joli peut-être? Tout le monde fait semblant avec talent mais au fond, personne n'y croit. Pas même le spectateur... 1h35. (F.Ds.) (LLC n°234)

El Bonaerense **

Abusé par son patron, un serrurier argentin se retrouve derrière les barreaux. Seule échappatoire: devenir policier à Buenos Aires. De son commissariat de quartier, il découvre un monde gangréné par les arrangements, l'hypocrisie et la corruption. Au départ de ce morne destin, Pablo Trapero signe une étonnante photographie de l'Argentine en proie à la dépression. Entre moiteur palpable et sécheresse de la mise en scène, une vérité ouvrant sur toutes les interrogations, et l'expression de la nouvelle vitalité du cinéma argentin. (J.-F. Pl.) (LLC n°231)

El otro lado de la cama

(The other side of the bed) -

Emilio Martinez-Lazaro met en saynètes la femme, l'amant, le cocu et la maîtresse, ces ingrédients traditionnels du boulevard, passés à la moulinette d'une sitcom insipide vaguement sexy. Deux surprises cependant, l'insert de clips chantés et dansés à la façon de «8 femmes» et une impressionnante concentration de clichés au mètre de pellicule....1h54. Avec l'exquise Paz Vega. (F.Ds). (LLC n°235)

© La Libre Belgique 2003