Des pictogrammes dès janvier pour guider les jeunes spectateurs et leurs parents dans leur choix.

À partir du 8 janvier prochain, des pictogrammes relatifs à l’âge et au contenu accompagneront chaque film diffusé en Belgique. Cette nouvelle classification, sous forme de recommandation plutôt que d’interdiction, remplacera les traditionnels "enfants admis" ou "enfants non admis". Les trois communautés linguistiques du pays espèrent ainsi mettre l’accent sur le dialogue entre parents et enfants ainsi que sur l’éducation aux médias, ont insisté mardi les ministres de la Culture ou chargé du contrôle des Films Bénédicte Linard, Bernard Clerfayt, Sven Gatz et Jan Jambon lors de la présentation du projet au cinéma Palace, à Bruxelles.

Terminée la distinction entre les films "interdits aux moins de 16 ans" ou "enfants admis", datant de 1920 et rendue obsolète par l’évolution des possibilités d’achat (sur Internet, à une borne automatique…). À la place, le système Cinecheck décline sept catégories d’âge (tout public, 6, 9, 12, 14, 16 et 18 ans) et six pictogrammes pour aviser le spectateur sur la violence, l’angoisse, le sexe, la discrimination, l’abus de drogues ou d’alcool ou encore le langage grossier que peut contenir une œuvre cinématographique.

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Le dialogue plutôt que l’interdiction

Les distributeurs de films remplissent d’abord un large questionnaire sur le contenu du long métrage, puis un logiciel attribue automatiquement une catégorie d’âge et, éventuellement, une ou plusieurs catégories de contenu (maximum trois pour garantir la lisibilité de cette information). Le classement suit le développement cognitif de l’enfant.

Le but ? Guider les parents, mais aussi les plus jeunes, dans le choix d’un film en fonction de l’âge et de la sensibilité de chacun. Il ne s’agit donc plus d’un moyen de contrôle qui refuse aux mineurs l’accès aux salles obscures mais bien d’une invitation au dialogue entre adultes et enfants.

"L’éducation aux médias est essentielle […] pour armer les jeunes à mieux décoder les films et le monde qui les entoure", a souligné la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard. "L’avantage des pictogrammes, c’est qu’il s’agit d’un langage universel, qui parle tant aux parents ou accompagnateurs qu’aux plus jeunes."

Cinecheck (ou Kijkwijzer, de son nom néerlandais) est déjà en vigueur aux Pays-Bas, où il est appliqué à l’ensemble des médias. En Belgique, cette classification s’en tiendra aux films distribués dans les salles de cinéma, à l’exception des projections dans le cadre de festivals.

Une campagne de communication, déclinée dans les cinémas et sur les réseaux sociaux, sous forme d’affiches et de spots, permettra au grand public de se familiariser avec la nouvelle classification au cours des prochaines semaines.