Michel Bay lance la saison des blockbusters de l’été avec le 5e volet de la franchise adaptée des jouets Hasbro qu’il avait lancée il y a 10 ans. Où l’on retrouve Mark Wahlberg (qui a succédé à Shia LaBoeuf dans le numéro 4) en défenseur des gentils Autobots, face à une milice terrienne bien décidée à éradiquer toute trace des robots aliens, et surtout face aux grands méchants Decepticons, toujours menés par l’infâme Megatron.

Est-il possible de faire toujours plus fort ? Toujours plus con ? Sur ce point, c’est sûr qu’on peut faire confiance les yeux fermés à Michael Bay ! Il se surpasse en effet pour nous concocter un blockbuster boursoufflé d’effets spéciaux dont il a le secret. C’est bien simple, il y a tellement d’effets numériques qu’on se croirait dans un dessin animé… Tandis qu’après trois minutes, on ne comprend plus rien - mais y a-t-il quelque chose à comprendre ? - à cette guéguerre intergalactique à l’humour lourdingue, qui emprunte sans vergogne C3-PO et R2-D2 à "Star Wars". Il faut dire qu’après le prologue, qui convoque rien moins que le roi Arthur et ses chevaliers de la Table ronde, sauvés de leur combat contre les Saxons par… un dragon Transformer appelé par Merlin, on est déjà rincé. Malheureusement, il reste encore deux heures et demie de ces inepties débilitantes (sur fond de fin du monde), mises en scène par un tâcheron adepte d’une esthétique de la laideur. Deux heures et demie pour pleurer sur l’absence de discernement de Sir Anthony Hopkins quand il a accepté de brader son talent dans une telle daube (mieux vaut aller revoir "Howards End" d’Ivory)…

Si l’on ne s’étonne pas de voir Hollywood continuer à exploiter ce filon totalement épuisé, on se demande ce qui va pousser des millions de spectateurs à travers le monde à débourser 10 € pour s’infliger une telle épreuve !


© IPM
Réalisation : Michael Bay. Scénario : Art Marcum, Matt Holloway & Ken Nolan. Photographie : Jonathan Sela. Avec Mark Wahlberg, Anthony Hopkins, Josh Duhamel, Laura Haddock… 2 h 29.