Rapide travelling le long des filmographies des neuf autres nouveaux de l'Union européenne.

Hongrie. C'est un des cinémas les plus prolifiques et talentueux des pays de l'Est dont une caractéristique est la production de nombreux films témoignant l'attachement du Hongrois à sa terre, à son histoire.

Pourtant, la Hongrie va constituer un fabuleux réservoir pour Hollywood. Mihaly Kertesz va s'y installer dans les années 30 et devenir Michael Curtiz (Robin des bois), comme George Cukor ou les acteurs Bela Lugosi et Peter Lorre.

Le réalisme soviétique va peser sur la production au lendemain de la guerre mais la sanglante répression de 1956 sera à l'origine du renouveau du cinéma hongrois avec comme chef de file, Miklos Jancso. Durant une décennie, le réalisateur de «Psaume rouge» va marquer formellement le 7e art avec ses plans-séquences, sa caméra en mouvement, cette sensation du montage aboli.

L'autre figure dominante arrive début des années 80, c'est Istvan Szabo dont l'impressionnant «Mephisto» interprété par son acteur fétiche, Klaus Maria Brandauer, se veut moins esthétisant, plus classique. Entre les périodes, on ne peut oublier la réalisatrice Marta Meszaros. Quant à la nouvelle génération, elle se fait attendre. Certes, un Hongrois a trusté les prix du Festival de Bruxelles 2003, mais on attend toujours la sortie de «Pleasant days», film abscons d'une extrême prétention.

Tchéquie - Slovaquie. Séparée officiellement depuis dix ans, Tchéquie et Slovaquie n'existent cinématographiquement que dans le passé. Si aujourd'hui les équipes de tournage défilent à Prague, si le Tchèque Sverak a remporté l'oscar du film étranger 96 avec «Kolya»; la place de ces pays sur l'atlas du cinéma mondial est dérisoire par rapport à celle de la Tchécoslovaquie.

Ce pays a toujours chéri le cinéma. Avant 1945, il y avait des studios à Prague et à Bratislava. «Erotikon» y fut tourné en 1929, le film fera le tour du monde et sa vedette Hedy Kesler deviendra Hedy Lamarr à Hollywood.

La réputation de la Tchécoslovaquie était fondée sur deux piliers. D'une part, son école d'animation dont le symbole est l'ingénieux Jan Svankmajer. Et de l'autre, sa fameuse nouvelle vague qui entre 63 et 67 allait enrichir le 7e art de personnalités de premier plan.

Certaines choisiront l'exil comme Milos Forman (Les amours d'une blonde) ou Ivan Passer (Eclairage intime) alors que d'autres continueront de jouer avec la censure, tels Vera Chytilova (Les petites marguerites) ou Jiri Menzel qui attendra plus de 20 ans la sortie de ses «Trains étroitement surveillés».

Estonie. Dans les républiques socialistes de l'ex-URSS, l'activité cinématographique ne fut pas aussi importante dans les Pays baltes qu'elle le fut, par exemple en Géorgie. On se souviendra peut-être de Kakie Kusk et de ses «Tournants dangereux» en 1959. Aujourd'hui, Arvo Iho (Rien que pour les fous) est d'origine estonienne.

Lettonie. Ce fut le seul Etat balte à tenter de mettre sur pied une structure de production.

Elle a aussi abrité quelques brillants documentaristes: Herz Frank, Juris Podnieks.

Lituanie. Cinématographiquement parlant, le plus dynamique des Etats baltes a produit plusieurs cinéastes dont une célébrité mondiale en matière de cinéma métaphysique et contemplatif : Sharunas Bartas (Few of us).

Slovénie - Chypre - Malte. Dans les républiques yougoslaves, le cinéma est plutôt une affaire de Serbes, de Bosniaques ou de Croates; pas de Slovènes.

Quant à Chypre, si Grecs et Turcs se disputent cette île, ce n'est pas pour son activité cinématographique.

Enfin Malte, et plus particulièrement La Valette, a accueilli pas mal de tournages - dont les galères de «Astérix & Obélix, mission Cléopâtre» -; mais, il n'existe pas vraiment d'industrie cinématographique maltaise ou de réalisateur maltais de renom.

Documentation : «Atlas du cinéma», par André Z. Labarrère (livre de poche) - «Guide du cinéma mondial», par Gaston Haustrate (Syros)

© La Libre Belgique 2004