"Vendeur" tient quasi uniquement sur les épaules de Gilbert Melki, acteur trop rare au grand écran dont le talent ne se résume pas au Patrick Abitbol de "La vérité si je mens"… Au sommet, Melki incarne ici aussi un pro de la vente, un vieux briscard qui sillonne les routes de France pour former les équipes d’une grande enseigne spécialisée dans les cuisines équipées. Grâce à un bagout incroyable, il est capable de vendre la cuisine de ses rêves à n’importe quel couple; il connaît toutes les ficelles du métier et il a toujours un petit crédit à la consommation de derrière les fagots pour emporter la décision ! Quand son fils (Pio Marmaï) lui demande de le dépanner en lui trouvant un boulot de vendeur, cet homme solitaire, qui passe ses soirées entre prostituées et lignes de coke dans des hôtels de province, commence à réfléchir à sa vie…

Pour son premier long métrage, le Français Sylvain Desclous offre un rôle formidable à Melki. Le comédien est tellement génial qu’il monopolise toute l’attention du jeune cinéaste, au détriment du récit et des autres personnages. Si ce récit de filiation tient honnêtement la route, le scénario file sur des rails un peu trop classiques quand il s’agit de décrire un fils finissant par se mettre dans les pas de son père. Reste néanmoins une mise en scène efficace et un regard acéré pour décrire la violence de ce monde de la vente, où tous les coups sont permis pour arriver à ses objectifs. 


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 Réalisation : Sylvain Desclous. Scénario : Sylvain Desclous & Olivier Lorelle. Avec Gilbert Melki, Pio Marmaï, Pascal Elso, Sara Giraudeau, Christian Hecq… 1 h 29.