La cinquantaine, la discrète Jeanne (Sandrine Bonnaire) élève seule sa fille Zoé (Lucie Fagedet). À 18 ans, celle-ci va bientôt monter à Paris pour continuer ses études. Sa mère n’a malheureusement pas trop le temps d’y penser, totalement dévouée à son métier d’aide-soignante à la maternité du centre hospitalier de Martigues, près de Marseille. Alors qu’un drame frappe le service - la mort à la naissance d’un des jumeaux d’une patiente admise aux urgences -, Jeanne se sent responsable. C’est elle qui était de garde avec sa collègue infirmière Sylvie (Aure Atika). Pas simple à gérer, d’autant qu’un soir sur le parking de l’hôpital, un fantôme surgit de son passé…

Tranche de vie

Ancienne actrice, Marion Laine signait en 2008 son premier long métrage, Un cœur simple, d’après une nouvelle de Flaubert, avec Marina Foïs et Sandrine Bonnaire. Elle retrouve cette dernière dans Voir le jour, son troisième long après À cœur ouvert avec Juliette Binoche en 2012. Où il était déjà question de l’hôpital, puisque la cinéaste y mettait en scène un couple de chirurgiens.

À travers ce personnage d’aide-soignante un peu chargé par le scénario, mais défendu avec conviction par Sandrine Bonnaire, Laine ausculte le thème de la maternité, dont elle cherche, de façon un peu artificielle, à traiter tous les aspects. De la mise au monde au droit à l’avortement, en passant par les relations mère-fille, le travail des sages-femmes ou même le Mamy Blue de Nicoletta. Tandis qu’elle appuie de façon un peu lourde la métaphore de l’eau, omniprésente (la mer, la plongée, la pieuvre…), en référence au liquide amniotique.

Dommage, car Voir le jour réussit pourtant un joli portrait de groupe, celui des membres de ce service de néonatalité débordé et au bord de la crise de nerfs, mené par un médecin chef (Stéphane Debac) compétant mais méprisant avec les infirmières et plus encore avec les aides-soignantes.

C’est dans cet aspect sociétal - en résonance avec l’état d’ébullition de l’hôpital public français depuis de nombreuses années et plus encore durant la crise du Covid-19 - que Marion Laine se fait la plus juste. Dans la description des conditions de travail dégradées, de la charge mentale harassante, de la mesquinerie des rapports hiérarchiques, mais aussi de la solidarité qui existe entre ces femmes sous pression. Encombrée de flash-backs sans grand intérêt (malgré une Elsa Madeleine bluffante de ressemblance en Sandrine Bonnaire jeune), son étude de personnage se révèle, elle, nettement plus attendue, voire convenue.

© Athena

Voir le jour Drame Scénario & réalisation Marion Laine Musique Béatrice Thiriet Montage Clémence Carré Avec Sandrine Bonnaire, Aure Atika, Brigitte Rouän, Sarah Stern, Stéphane Debac, Nadège Beausson-Diagne, Kenza Fortas… Durée 1h31

© Cote LLB