Depuis le 15 juin dernier, la Fédération Wallonie-Bruxelles célèbre les 50 ans de l'aide publique au cinéma francophone belge. Le Centre du cinéma a concocté une liste de 50 films (fictions, documentaires et courts métrages) qui seront tous remontrés sur grand écran dans le cadre du programme "50/50: 50 ans de cinéma belge, 50 ans de découvertes" .

Ce vendredi 14 juillet, rendez-vous dès 19h à Cinematek pour revoir, en présence de sa réalisatrice, "Quand je serai dictateur", sublime promenade poétique au coeur de vieux films Super-8 imaginée par Yaël André. Plus proche de l'essai personnel que du documentaire, voilà un film à la fois espiègle et philosophique, qui réfléchit brillamment sur la rapport entre réalité et fiction.

=> Prix: 4€. Rens.: www.50cinquante.be ou www.cinematek.be.

© Richard Olivier

A l'occasion de cette soirée spéciale à la Cinematek, nous vous proposons de relire la critique que nous écrivions lors de la sortie du film en mai 2014.


Voyage en cinéma

Dans son film précédent déjà, le très beau “Chats errants (Zones temporaires d’inutilité)”, la réalisatrice Yaël André faisait déjà cohabiter images documentaires et commentaire philosophique. Le procédé est identique dans “Quand je serai dictateur”, sinon qu’ici, les images n’ont pas été tournées par la documentariste. Elle a en effet récupéré une centaine d’heures de films amateurs 8 mm et Super-8... Un matériau qu’elle sculpte par l’art du montage. 

A travers ces images simples, naïves, il y a comme un retour aux origines, à un cinéma pur, débarrassé des artifices de mise en scène. Il y a aussi une volonté espiègle de croire que le cinéma peut aussi être un moyen d’expression très personnel, quasi littéraire. Très beau, le texte dit par la comédienne Laurence Vielle apporte non pas une cohérence à ces images surannées – leur force d’évocation se suffit à elle-même –, il leur invente un sens nouveau. A partir de son substrat documentaire, la cinéaste imagine en effet mille et une vies, mille et une histoires. Au gré de cette promenade en pellicule, la narratrice et son ami Georges se marient, partent en vacances, peuvent tout à la fois être chef comptable ou aventurier dans la jungle… De même, en écho aux théories quantiques, on peut être à la fois mort et vivant.

L’univers poétique et cinématographique de Yaël André est celui du rêve, du plaisir enfantin du jeu. Lequel réactive sans cesse la charge émotionnelle de ces vieilles bandes, témoignages de bribes d’existences anonymes. A travers elles, la cinéaste propose une jolie réflexion sur le rapport entre réel et fiction. En regardant ces reflets d’un passé impossible à rembobiner, elle imagine un monde cinématographique envoûtant, où chacun deviendrait acteur de sa vie…

Scénario & réalisation : Yaël André. Montage : Luc Plantier & Yaël André. Voix off : Laurence Vielle. 1 h 30.

© Yaël André

Autres rendez-vous de la rétrospective "50/50"

  • Jusqu'au 12 août : L'icerberg d'Abel & Gordon à Flagey
  • 24-29 août : Home sweet home de Benoît Lamy à Flagey
  • 27 août : Ma vie en rose d'Alain Berliner Cinematek
© Yaël André