Un sixième volet efficace pour les "X-Men", toujours sous la houlette de Bryan Singer.

Organisée hier matin seulement, la vision de presse du dernier "X-Men" finissait trop tard pour que nous puissions en faire la critique en "Libre Culture". Et pour cause, le dernier volet des aventures des superhéros Marvel dure près de deux heures trente. En tout cas pour ceux qui affronteront jusqu’au bout l’interminable générique de fin pour découvrir la scène cachée, qui donne un indice sur le prochain "Wolverine 3" en 2017.

Alors que la franchise de la Fox semblait à bout de souffle après deux épisodes boursouflés et deux spin-offs ratés consacrés à "Wolverine", son créateur Bryan Singer (réalisateur des deux premiers films en 2000 et 2003) reprenait les choses en mains en 2014 avec un épatant "X-Men : Days of Future Past". Soit un film totalement virtuose qui parvenait, sans jamais perdre le spectateur, à mêler passé et présent et donc à réunir les deux générations d’acteurs qui ont interprété les mêmes superhéros. Si Singer n’a rien perdu de son talent de conteur, le scénario n’est malheureusement, cette fois, pas aussi riche : les X-Men doivent sans surprise empêcher une énième fin du monde.

Aux origines, égyptiennes, des mutants

Campé par Oscar Isaac (abonné aux blockbusters après "Star Wars"), le grand méchant est ici En Sabah Nur, alias Apocalypse. Révéré comme un dieu par les Egyptiens, celui a été plongé dans un très long sommeil. Et quand il se réveille, le mutant antique n’est pas content du tout en découvrant comment le monde a tourné en son absence. Appelant auprès de lui quatre cavaliers de l’Apocalypse (dont Magnéto), il décide tout simplement de raser la civilisation actuelle pour rebâtir un nouveau monde avec les survivants…

Pas besoin d’entrer plus en détail dans l’intrigue, très alambiquée mais toujours fluide. Le scénario est construit pour faire intervenir chacun des superhéros déjà connus et en introduire d’autres, réunis dans des scènes d’action forcément très spectaculaires grâce à une débauche d’effets spéciaux un peu soûlante.

Un clin d’œil au "Retour du Jedi"

Ce n’est pas qu’on s’ennuie mais on regrette la richesse thématique de "Days of Future Past", métaphore réussie sur notre humanité, obligée de réfléchir à son futur en constatant ses erreurs passées. Dans "Apocalypse", il est question de l’orgueil de (sur)hommes se prenant pour des dieux, mais aussi de la toute-puissance du réseau. A l’heure d’Internet, des réseaux sociaux et de la surveillance généralisée, ça résonne évidemment avec notre monde, mais ça reste un peu maigre pour dépasser les poncifs du genre. On apprécie par contre le changement d’époque; on quitte ici les années 70 pour les eighties, avec quelques clins d’œil savoureux. Notamment quand, sortant d’une projection du "Retour du Jedi", nos superhéros ados constatent que, décidément, les numéros 3 sont toujours les plus mauvais (suivez mon regard vers "X-Men : l’affrontement final" de Brett Ratner en 2006…).

Bref, sans atteindre le niveau de son prédécesseur, ce sixième volet des "X-Men" reste supérieur à grand nombre de films de superhéros qui encombrent le paysage cinématographique actuel…

--> Réalisation : Bryan Singer. Scénario : Simon Kinberg. Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence… 2h27.