Cinéma Richard Curtis et Danny Boyle imaginent le monde sans Beatles, sans "Blackbird", "Sgt. Pepper’s" and… "Her Majesty".

Imaginez le monde sans les Beatles ?

Une dissert' ? Une angoisse ? Non un pitch.

Jack est un chanteur à guitare auquel personne ne prête attention. Quand, un jour, suite à une panne d’électricité mondiale de 12 secondes, un bus transforme sa guitare en crêpe. Il y voit une injonction du destin de passer à autre chose mais ses amis lui en offrent une autre en lui demandant de l’inaugurer avec une belle chanson.

Yesterday, All my troubles seemed so far away… Et là, il se produit un événement aussi incroyable que le blackout planétaire. Ses trois potes n’ont jamais entendu cette chanson. Jamais entendu parler des Beatles, d’ailleurs.

Jack n’en revient pas. Il googlelise Beatles et c’est une page sur l’insecte qui apparaît. Il essaie John Paul Geor… et la tête de Jean Paul 2 s’affiche. Aucun moteur de recherche ne connaît le fab four, Jack est-il le seul à se souvenir de leurs chansons ?


When I’m Sixty Four

Voilà le pitch imaginé par Richard Curtis, le king de la comédie romantique britannique, de Quatre mariages et un enterrement et Notting Hill. On connaît son goût de la pop depuis Good Morning England et des Beatles dans Love Actually, déjà. Alors ce pitch, c’est d’abord une façon de se faire plaisir en puisant dans le répertoire des Beatles. Il est d’autant plus communicatif que la musique est encore meilleure lorsqu’elle est partagée. Et with a little help de ce fabuleux réservoir de mélodies, de titres, de références, de situations ; il transforme une trame paresseuse de romcom en parcours surprise à chaque couplet et à tous les refrains.

Richard Curtis monte dans les 45 tours. Il imagine Jack découvert par Ed Sheeran qui lui propose un duel de mélodistes. Quand dix minutes plus tard, Jack lui chante The long and winding road juste au piano - ça change des arrangements de Phil Spector - ; Ed Sheeran conclut qu’il est le Salieri de la pop. Curtis imagine aussi Jack faisant à ses parents le cadeau d’être les premiers à entendre Let it be. Il imagine encore l’effroi du CEO de sa firme de disques devant l’idée du White album, refusé au nom de la diversité.

It’a wonderful Life

Danny Boyle met cela en musique avec la même jubilation que celle que dégageait son Slumdog millionnaire. On y pense avec Himesh Patel, humble et sobre dans le rôle de Jack. Il est entouré par la craquante Lily James et surtout de Kate McKinnon, sensationnelle en Cruella du showbiz alors qu’elle était juste irritante, l’été dernier, dans L’Espion qui m’a larguée (The Spy Who Dumped Me). Comme quoi, la direction d’acteurs, ce n’est pas du vent.

Au-delà de deux heures de plaisir au premier degré, le pitch n’est pas sans rappeler La vie est belle de Frank Capra. A la fin de ce chef-d’œuvre, un ange tente d’empêcher George Bailey (James Stewart) de se suicider, en lui montrant ce que sa ville, Bedford, serait devenue, s’il n’avait pas existé.

Que serait le monde sans les Beatles ? Infiniment pire, répond un personnage. Pas mieux !

Yesterday Romcom musicale De Danny Boyle Scénario Richard Curtis Avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran Durée 1h56.