Alors que le MCU (Marvel Cinematic Universe) est un véritable phénomène, le DCEU, son équivalent chez DC Comics, n’a jamais réussi à créer le même engouement. En novembre 2017, Justice League , suite directe de Batman vs. Superman, a même quasiment enterré la franchise initiée par Zack Snyder avec Man of Steel en 2013. Éclipsé par la Warner suite au suicide de sa fille après le tournage, le cinéaste avait dû cèder sa place à Joss Whedon. Auteur des deux premiers Avengers, immenses cartons au box-office, celui-ci avait imposé son humour référentiel, typique du MCU, en retournant de nombreuses scènes et, à la demande du studio, avait réduit le film à 2h. Alors qu’il réunissait des super-héros pourtant autrement plus populaires que les Avengers (Batman, Superman, Super Woman, Aquaman, Flash…), Justice League, totalement indigeste et d’une rare laideur, se crashait lamentablement, ne convainquant ni la critique, ni le public et encore moins les fans !

Dans les mois qui suivirent, ceux-ci lancèrent le hashtag #ReleaseTheSnyderCut, bientôt repris par Zack Snyder et certains de ses acteurs, dont Ben Affleck (Batman) et Gal Gadot (Wonder Woman). Et les fans ont obtenu gain de cause. Ce 18 mars, la plateforme HBOMax sort enfin la Zach Snyder’s Justice League, disponible chez nous à l’achat, puis en VOD(*).

© Warner

Une vision plus sombre

Alors, tout ce battage médiatique en valait-il la peine ? Sans doute pour les mordus de l’univers DC et du style Snyder. Le réalisateur des 300 ou des Watchmen a eu une carte blanche pour développer enfin sa vision et proposer son film - sa femme et productrice Deborah Snyder a affirmé que le réalisateur n’a d’ailleurs jamais vu la version montée par Whedon. Pour ce faire, Warner a mis sur la table une rallonge de 70 millions de dollars, notamment pour retourner quelques scènes durant le confinement et surtout pour revoir une bonne partie des effets spéciaux. Le grand méchant alien Steppenwolf a notamment droit à un relooking complet (nettement plus convaincant), tandis que les tentacules mauves de très mauvais goût qu’il faisait apparaître pour anéantir la Terre ont disparu…


Gravité et lyrisme

Bien que suivant exactement la même ligne narrative - Batman et ses nouveaux compères devant ressusciter Superman pour combattre Steppenwolf -, les deux films sont très différents. Snyder a revu le cadre - il utilise le 4/3, qui correspond mieux à la sortie prévue en Imax -, et surtout le style. Adieu les couleurs criardes façon Marvel et bonjour les contrastes chiadés comme les adore le cinéaste, à la recherche d’une seule chose : la noirceur. Car si certaines scènes sont identiques - on pense par exemple à l’introduction londonienne de Wonder Woman -, la tonalité est tout autre, beaucoup plus grave, notamment grâce à la musique du Néerlandais Tom Holkenborg, alias Junkie XL, qui remplace la partition, plus convenue, de Danny Elfman.

Découpé en six parties et un épilogue, ce nouveau Justice League dure près de quatre heures - record battu pour un film de super-héros - et ne reprend aucune des scènes ajoutées par Whedon. Snyder prend le temps de développer ses personnages, notamment Cyborg et Flash (qui a droit à une très belle scène). L’histoire s’en trouve évidemment beaucoup plus compréhensible, mais le film gagne surtout en gravité et en lyrisme.

Très attendue par les fans, cette Zack Snyder’s Justice League relancera-t-elle le DCEU (même si Warner a déjà affirmé qu’elle n’en ferait pas partie) ? Rien n’est moins sûr. Wonder Woman 1984 (à découvrir chez nous dès le 31 mars) n’a pas vraiment convaincu lors de sa sortie sur HBOMax aux États-Unis…

© Warner

(*) Le film est disponible ce 18/3 à l’achat (13,99€) sur iTunes, AppleTV, Google Play, YouTube, Xbox et Rakuten TV. Puis en VOD (5,99€) dès le 8/4 sur ces mêmes plateformes et sur Telenet, Proximus et BeTV.

Zack Snyder’s Justice League Film de super-héros De Zack Snyder Scénario Chris Terrios Musique Tom Holkenborg Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Gal Gadot, Amy Adams, Jason Momoa… Durée 4h02

© Cote LLB