L'entrée du brol au "Petit Robert"

Chaque année, depuis 1967, le dictionnaire "Le Petit Robert de la langue française" accorde l'asile en ses pages à des mots nouveaux, dont l'usage le plus généralement aura décidé de leur raison d'y être admis.

L'entrée du brol au "Petit Robert"
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E.d.B.

Chaque année, depuis 1967, le dictionnaire "Le Petit Robert de la langue française" accorde l'asile en ses pages à des mots nouveaux, dont l'usage le plus généralement aura décidé de leur raison d'y être admis. Si les adeptes les plus rigoristes de la langue française dénoncent quelquefois une inflation de nouveautés d'origine anglo-saxonne, voire de néologismes douteux, l'on doit pourtant observer que ce sont quelque 400 mots en moyenne qui rejoignent annuellement le dictionnaire, tiré à 200 000 exemplaires.

Pour illustrer cette dernière moisson lexicale, présentée vendredi à Bruxelles, fournissons-en d'emblée un échantillon varié : ambianceur, deuxième bureau, caféiné, campanaire, caulerpe, couillu, déscolarisé, droïde, hype, podcaster, polyhandicapé, pop up, qi gong, régime (de bananes), riad, suremballage, tilapia, vénère. Nous renvoyons bien entendu à la nouvelle édition 2008 pour y découvrir l'étymologie et l'acception parfois surprenantes des termes ainsi consacrés. Il faudra parfois vaincre certaines allergies, pensons au verlan notamment.

Les carabistouilles

Chaque millésime, cependant, développe des thématiques privilégiées, qui furent cette année la médecine (l'addictologie par exemple), le droit européen (la comitologie), la musique (le djembé), le sport (l'albatros golfique) ou la cuisine (le pastrami). L'écologie y trouve sa part également, avec l'environnementalisme notamment.

La Belgique est très honorée, dans cette édition, d'être le premier pourvoyeur en particularités francophones, ceci étant le fruit d'une étroite collaboration avec le linguiste Michel Francard (UCL) et le centre de recherche Valibel. Citons pêle-mêle quelques exemples de ces mots qui parlent si bien d'eux-mêmes et dont, nous dit-on, l'on se régale déjà jusqu'à Paris : blinquer, brol, buser, cacaille, carabistouille, castard, chipoter, copion, guindaille, péquet, sorteur, toute-boîte, trappiste ou trouiller. Michel Francard rappelle au demeurant que, "depuis le IXe siècle, bien avant certaines régions de France, le français était connu, pratiqué et diffusé en Wallonie et qu'en conséquence, celle-ci constitue l'un des berceaux de la francophonie et un endroit où les langues régionales sont parmi les plus vivaces".

D'une présentation graphique plus aérée qu'auparavant, "Le Petit Robert" nous offre toujours quelque 60 000 mots et 300 000 sens. Le délai d'entrée au dictionnaire demeure évidemment assez inégal, quand on sait que des mots comme blog (blogue), start-up ou sudoku avaient paru, en leur temps, l'année même de leur création. Inversement, les suppressions d'articles sont rarissimes.

Encyclopédique

Comme de juste, "Le Robert encyclopédique des noms propres" a été lui aussi remanié en cette rentrée. Il enregistre les informations les plus récentes, et l'on y trouve de surcroît des encadrés fort bien conçus sur des faits historiques comme la Résistance, des mouvements artistiques ou littéraires comme le baroque ou le surréalisme, mais encore des doctrines philosophiques, religieuses ou politiques. Le tout étant facilité par le précieux réseau analogique ou hypertexte, qui renvoie d'un article vers un autre pour approfondir une recherche.

Les deux nouveaux tomes du "Petit Robert" sont vendus au prix d'environ 65,65 € chacun.

© La Libre Belgique 2007

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