Planches de maîtres

A ne manquer sous aucun prétexte : l’hommage que la Maison de la Bande dessinée rend à des champions belges et français du Neuvième art, via une exposition d’une centaine de planches originales liées à "l’âge d’or" des journaux "Spirou" et "Tintin".

Francis Matthys
Planches de maîtres
©JIJE/Maison de la Bande Dessinée

Ane manquer sous aucun prétexte : l’hommage que la Maison de la Bande dessinée - attenante à la Gare centrale, à Bruxelles - rend à des champions belges et français du Neuvième art, via une exposition d’une centaine de planches originales liées à "l’âge d’or" des journaux "Spirou" et "Tintin" (principalement) où se préparèrent les aventures de tant et tant de héros qui n’ont pas fini de nous enchanter.

Organisée par François Deneyer - qui dirige ladite Maison et fut le fondateur du regretté Musée Jijé -, l’exposition rappelle que la Belgique est le berceau de la BD actuelle : en 1929, Hergé n’y créa-t-il pas Tintin, aujourd’hui mondialement célèbre ?

Des "trésors" - en provenance exclusive de collections privées, rien, ici, n’étant à vendre - qui émeuvent le visiteur. Parmi ces joyaux, plusieurs planches d’Hergé (encre et crayonné des "Bijoux de la Castafiore" ; illustration de couverture de "Tintin en Amérique" de 1942 ; crayonné de "Tintin au Tibet", etc.) mais aussi des planches de Jijé (tirées de "Don Bosco", des "Jerry Spring", et cette merveille qu’est le dessin pour la couverture du plus beau "Blondin et Cirage", "Kamiliola", pour l’album publié en 1954.) Plusieurs Franquin, bien entendu (des "Spirou" et des "Gaston", et notamment les premières planches d’un Spirou et Fantasio de 1950, "Mystère à la frontière"), ainsi que l’inoubliable page d’ouverture du chef-d’œuvre de Maurice Tillieux, "La Voiture immergée", le plus envoûtant des "Gil Jourdan" ; des planches de Roba ; du Peyo de "La Flûte à six Schtroumpfs" ; l’illustration en couleurs de la couverture de "L’Ile aux perles" de Sirius, et celle de "La Bouteille à la mer" de Mitacq. D’Uderzo, on voit de l’"Astérix", de l’"Oumpah Pah", du "Jehan Pistolet" ; de Victor Hubinon de "Buck Danny", une magnifique page du "Tigre de Malaisie" ; le dessin de couverture de "Chlorophylle contre les rats noirs" du grand Macherot ; du Morris, du Paul Cuvelier, du François Craenhals ("Le Talisman noir"), du tout récemment décédé Albert Weinberg ("Le Maître du soleil"), de superbes Jacques Martin ("Le Sphinx d’or"), du Funcken ("L’Ile de la brume"), du Jean Graton. Et, de Will, une planche essentielle du Tif et Tondu "La Villa du Long cri", avec un M. Choc impressionnant. Etc, etc. Néanmoins, à nos yeux, la pièce phare est la mythique planche de "La Marque Jaune", d’Edgar Pierre Jacobs, qui montre - surprise de nuit par Blake et Mortimer dans leur domicile londonien - la diabolique créature du Dr Septimus sautant dans le vide avec un éclat de rire strident. Fantastique !

Pour François Deneyer, cette exposition présente "un ensemble exceptionnel, autant dire de qualité muséale". Dieu sait combien d’années faudra-t-il attendre avant de revoir ces planches dues à des "monstres sacrés" de la bande dessinée, maîtres si souvent imités mais non égalés Une exposition quatre étoiles : courez la visiter !


La Maison de la Bande dessinée (1, boulevard de l’Impératrice, 1000 Bruxelles; tél. 02-502 94 68). Jusqu’au 8 janvier 2012 ; du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Site : www.jije.org