En bref

Nathalie Gassel compte parmi les voix les plus singulières et intrépides : via "Eros androgyne" et "Musculatures", elle s’est imposée hier à l’attention, préfacée par d’aussi éminents spécialistes de l’érotisme que les regrettés Pierre Bourgeade et Sarane Alexandrian. Ceci rappelé afin de situer en quelle haute estime est tenue l’autodidacte auteure belge de "Récit plastique" et "Construction d’un corps pornographique", qui pratiqua intensivement le culturisme et fut championne d’Europe de boxe thaïlandaise. Etiqueté roman, "Ardeur et vacuité" est une tumultueuse autofiction dont la narratrice, très éprouvée par la mort de sa mère, lui adresse une bouleversante lettre d’amour. Un récit philosophique abrupt d’une rigueur et d’une sincérité absolues, dû à un poète pour qui "l’indéfini occupe une place importante" dans la vie. Par ailleurs, Nathalie Gassel évoque apéritivement le Saint Sébastien et l’autoportrait crucifié "en nudité intégrale" d’un ami, photographies dont l’on regrette qu’elles ne soient ici reproduites.

Roman

Ardeur et vacuité

Nathalie Gassel compte parmi les voix les plus singulières et intrépides : via "Eros androgyne" et "Musculatures", elle s’est imposée hier à l’attention, préfacée par d’aussi éminents spécialistes de l’érotisme que les regrettés Pierre Bourgeade et Sarane Alexandrian. Ceci rappelé afin de situer en quelle haute estime est tenue l’autodidacte auteure belge de "Récit plastique" et "Construction d’un corps pornographique", qui pratiqua intensivement le culturisme et fut championne d’Europe de boxe thaïlandaise. Etiqueté roman, "Ardeur et vacuité" est une tumultueuse autofiction dont la narratrice, très éprouvée par la mort de sa mère, lui adresse une bouleversante lettre d’amour. Un récit philosophique abrupt d’une rigueur et d’une sincérité absolues, dû à un poète pour qui "l’indéfini occupe une place importante" dans la vie. Par ailleurs, Nathalie Gassel évoque apéritivement le Saint Sébastien et l’autoportrait crucifié "en nudité intégrale" d’un ami, photographies dont l’on regrette qu’elles ne soient ici reproduites. (Fr.M.)

Nathalie Gassel, Le Somnambule Equivoque, 74 pp., env. 16 €

Bande dessinée

Pat’Apouf explore les Roches-Rouges

Septième volume de l’heureuse réédition, par les soins du Triomphe et du bédélogue Dominique Petitfaux, des exploits de "l’as des détectives" imaginé par Gervy (Yves Desdemaines-Hugon, 1908-1998). Cette aventure très "bon enfant", qui se déroule à la Côte d’Azur, en Corse et en Calabre, préparut dans "Le Pèlerin" en 1952-1953. (Fr.M.)

Gervy, Editions du Triomphe (7, rue Bayen, 75017 Paris, 56 pages en couleurs renouvelées par Jean-Paul Renault, env. 14,50 €.

Anthologie

Balade à Nice et dans les Alpes- Maritimes. Sur les pas des écrivains

Que l’on passe quelques jours de ses prochaines vacances dans la région niçoise ou que l’on reste tranquillement chez soi à rêver, on prendra plaisir à lire ce "Balade à Nice" qui s’inscrit dans une collection visitant des lieux de soleil sur les pas d’écrivains qui les ont fréquentés ou en ont écrit. On s’y trouve, de toute façon, en vacances et de manière insolite dans un ailleurs autre que celui proposé par les dépliants touristiques. Les guides convoqués ici sont, parmi bien d’autres, Maupassant, Maeterlinck, Romain Gary, Henri Bosco, Marie Bashkirtseff, Matisse et Aragon, Louis Nucera, Simenon Qu’ils soient originaires de la ville ou qu’ils l’aient découverte dans l’enthousiasme des premières fois, un bel ensemble de biographes nous racontent ces différents auteurs dans leur histoire avec la cité portuaire dont Jean-Marie Gustave Le Clézio souligne qu’elle fut "lieu de brassage de tant de peuples, de tant d’idées, d’images" et, carrefour de l’Europe et de l’Afrique, doit le rester pour l’avenir. Un joli parcours en Alpes-Maritimes où littérature se conjugue avec villégiature dans ce "blond de lumière" qui, jusque Cannes, Menton ou Saint-Paul-de-Vence, nous donne un goût de soleil que nos saisons pluvieuses nous font presque oublier. (M.V.)

Alex Benvenuto, Ed. Alexandrines, 304 pp., 21,50 €