Cinquante nuances, encore, mais plus sombres

Le phénoménal succès de "Cinquante nuances de Grey" conduit les éditeurs de sa traduction française à en livrer dès à présent la suite, avec "Cinquante nuances plus sombres", tant il est vrai qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud.

Francis Matthys
Cinquante nuances, encore, mais plus sombres
©AP

Le phénoménal succès de "Cinquante nuances de Grey" (cf. LLB du jeudi 18 octobre 2012) conduit les éditeurs de sa traduction française à en livrer dès à présent la suite, tant il est vrai qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Avec "Cinquante nuances plus sombres", voici donc le deuxième volet de la trilogie d’EL James; sa fin, "Cinquante nuances plus claires", devrait sortir le 13 février prochain. Rappel pour qui l’ignorerait, en dépit du battage médiatique dont ce roman (déjà) culte fait l’objet: "Fifty Shades" a pour auteure une ancienne productrice britannique de télévision, Erika Leonard, qui signe EL James; son livre - qui couvre un bon millier et demi de pages comme dans la tradition des feuilletons - s’adresse à un public averti. Récit sulfureux, certes, mais non moins sentimental, il a pour narratrice une étudiante en lettres, Anastasia Steele, qui tombe sous le charme d’un jeune milliardaire, Christian Grey, personnage déroutant et tourmenté, aussi séduisant que pervers, tatoué par une enfance traumatisante. Ana(stasia) découvre instantanément les penchants sadomasochistes de son richissime amant, mais refuse de s’y plier. Jeu du chat et de la souris: à peine Ana rompt-elle avec Grey que l’amour fou de celui-ci lui manque. Et s’ils renouent, c’est pour aussitôt traverser de nouveaux orages. Sans surprise, on retrouve, dans ces plus sombres "Nuances", les ingrédients du tome 1: amour et humour, élans de révolte, et séquences qui heurteront les palais délicats. Mais qualifier cette œuvre d’insignifiante serait injuste, même si elle ne pèse guère, littérairement parlant. Reste aux sociologues et aux psychanalystes d’expliquer le pourquoi du prodigieux succès qu’elle rencontre auprès de millions de lectrices des deux côtés de l’Atlantique.

Cinquante nuances plus sombres EL James traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet JC Lattès 598 pp., env. 17 €