Le retour du grand Sfar

Le dessinateur français Joann Sfar revient avec un sixième tome du "Chat du Rabbin", neuf ans après le dernier. Dans son nouveau carnet, il livre son spleen d'homme divorcé. Et son troisième long métrage, "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" est un plaisir de cinéphile fétichiste. Entretien avec un auteur toujours passionné et passionnant.

Alain Lorfèvre
Le retour du grand Sfar
©AFP/Dargaud

Neuf ans après l'avoir quitté, Joann Sfar a retrouvé son "Chat du Rabbin". La sixième tome, "Tu n'auras pas d'autre dieu que moi" le révèle désemparé : sa maîtresse Zlabya est enceinte. Le chat se rend compte qu'il ne sera plus le centre du monde. La tristesse l'envahit. Les lumières d'Alger se teintent de grisaille. Le félin va aussi découvrir que les humains ne disent pas toujours la vérité, que l'amour est complexe et parfois confus. "C'est un album moins politique et plus intime" assure le réalisateur, que nous rencontrons dans l'hôtel Raphaël, à Paris. Un lieu magnifique, de la terrasse duquel on a une vue imprenable sur tout Paris. Mieux que la tour Eiffel toute proche. Un lieu qui entretient un lien tenu avec le dessinateur et réalisateur de "Gainsbourg (Vie héroïque)" : le chanteur-compositeur y avait ses habitudes.

Sfar, c'est ça : des résonances perpétuelles. Ce "Chat" fut entamé l'avant-veille des attentats contre "Charlie-Hebdo". "Je me suis interrompu et j'ai dessiné le carnet "Si Dieu existe"" pour évacuer l'angoisse et la révolte". Dieu revient encore dans le titre de ce sixième tome, mais, pourtant, l'auteur l'aborde avec une spiritualité apaisée. "Peut-être que j’arrive à un âge canonique où je considère que si une prière n’est pas une offrande à dieu mais constitue un soin pour soi me paraît aussi valable qu’une révolte."

"Tu n’auras pas d’autre dieu que moi” est plus intime, plus “nombriliste” reconnaît son auteur. Et si la tristesse de l’air de temps troublés et violents l’habite, l’album résonne aussi des échos de la rupture de Joann Sfar après trente ans de vie avec la même femme. Son “Chat” a d’ailleurs pour miroir “Je t’aime ma chatte”, suite de ses chroniques dessinées, qui paraîtra le 16 septembre chez Delcourt. Joann Sfar y détaille son spleen de divorcé et sa relation platonique avec une certaine Priscillia, reine de son désert affectif.

Seriez-vous donc un grand nostalgique ?

Je le suis devenu. Je ne l’ai pas été pendant longtemps. J’ai toujours pensé que mon regard sur l’Histoire était un regard critique, qui servait à construire le présent, qu’il y avait une raison politique de ressusciter les populations d’Algérie d’antan. Ce qui m’arrive ici est beaucoup plus intime et un peu pathétique : je pose un regard nostalgique de quadragénaire divorcé et sur la vie maritale et sur "Le Chat du Rabbin" qui est presque le symbole de ma vie conjugale passée. Je croyais que j’en avais fini avec lui. J’avais écrit et dessiné cinq volumes, qui se bouclaient. Je pensais que le dessin animé avait conclut tout cela. Et puis les personnages se sont rappelés à mon souvenir. Le dessin, en général, m’a toujours aidé à me tenir debout. Et ces personnages sont redevenus une présence réconfortante. Mais je suis surtout nostalgique de bonheurs familiaux plus que des années 30 et l’Algérie française.

De toute manière, la série "Le Chat du Rabbin" n’a jamais été qu’un prétexte pour parler du présent.

Oui. C’est un artifice de la fiction. Goscinny l’avait magnifiquement exploité dans Astérix en projetant dans la Gaule les questions de société de la France de de Gaulle pour qu’on les comprenne mieux. Cette distanciation apporte un éclairage qui peut être utile. Mais ce n’est plus vraiment le cas dans cet album, qui est le moins politique et le moins polémique.

Il est très intime effectivement.

Il est né d’une idée très simple qui date d’il y a neuf ans : j’avais imaginé que lorsque Zlabya serait enceinte, elle le dirait au chat avant de le dire à son mari. Cela me paraissait une trahison délicieuse. Et une manière de nier la dangerosité potentielle du chat comme amant et de le reléguer à son rang d’animal de compagnie. Or, depuis qu’il est doué de la parole, c’est une créature qui relève à la fois de l’animal, de l’amant et de l’enfant. Je voulais jouer de cette ambiguité pour traiter d’un sujet qui me tient vraiment très à coeur pour l’instant, qui est la fragilité masculine.

Qui est au coeur de votre nouveau carnet de dessin, « Je t’aime ma chatte » (éd. Delcourt)…. Pourquoi cette interrogation justement ?

Elle découle de mon divorce. J’ai pris conscience que c’était une réalité dont il est difficile de parler entre hommes, lorsqu’on veut aborder les interrogations intimes que cela suscite. J’ai l’impression qu’il y a un impensé hétérosexuel sur cette question dans nos sociétés. Jusqu’aux années soixante ou soixante-dix, le cinéma qui traitait d’homosexualité était un cinéma adulte et mûr, comme chez Truffaut ou Sautet, par exemple. Dans « César et Rosalie », Sautet parvient à montrer la naissance d’une relation d’amitié intime, très forte, entre les deux amants d’une femme. Aujourd’hui, c’est impensable. Dès qu’une histoire d’amour au cinéma se veut intelligente, elle traite d’homosexualité. Les couples hétéros au cinéma ne sont sujets de film que dans des comédies, le plus souvent indigentes. Il y a un vrai manque. Je répète tout le temps en promo - parce que je le pense - que s’il n’y avait plus d’aventures extra-conjugales en France, tous les hôtels fermeraient. On reste sur des représentations conjugales qui datent de Sacha Guitry.

Du coup, la parole - au coeur de toute la série du "Chat du Rabbin" - ne porte plus sur les questions religieuses mais sur la question de la vérité.

C’est un des fils rouges de la série. Quand parler, quand dire sa vérité, quand se taire… Quand le chat dit la vérité, il commet un crime terrible. Parce qu’il ne conçoit pas que les humains puissent mentir. Cela lui apparaît comme une trahison inacceptable.

Extrait de "Tu n'auras pas d'autre dieu que moi".
Extrait de "Tu n'auras pas d'autre dieu que moi". ©Dargaud


Le chat est comme un enfant qui découvre la réalité - pas toujours rose - du monde des adultes...

Je crois que c’est l’immaturité des adultes qui est en jeu. Dans ma petite histoire personnelle, je me retrouve seul après une histoire conjugal de trente ans. Du coup, ma seule expérience de la solitude sentimentale est celle de mes quinze ans. Je n’ai aucun autre repères. Ce qui est frappant dans le désespoir amoureux, c’est sa banalité. J’ai perdu ma mère très tôt, étant enfant. C’est un drame atypique et c’est une expérience formatrice inhabituelle. Mais les ruptures amoureuses, c’est tellement banal qu’on n’ose même pas les raconter. Mais j’ai la chance d’être dessinateur. Et j’ai fait ce que je fais toujours : je dessine et j’écris. C’est cela qui se retrouve dans mon nouveau carnet. C’est une nécessité et cela me fait du bien. Je me suis aperçu a posteriori que tout ce que je raconte, je l’ai beaucoup entendu sur des femmes mais je l’ai peu entendu sur des hommes. Les hommes ne savent pas faire l’aveu de leur détresse, de leur égarement, de leur fragilité. Pourtant, ce n’est pas un aveu d’échec. C’est une exploration. J’ai l’impression que les mecs savent tout ça mais ils n’osent pas en parler. Il y a un truc pataud chez le mec hétéro qu’on ne trouve pas chez les femmes et les mecs homos, comme je le raconte dans mon livre.

A quoi attribuez-vous cette maturité sentimentale plus grande des homos ?

Quand on est en situation marginale ou d’exclusion, on est forcé de s’interroger et on pratique beaucoup plus l’introspection. Quand on vous vend une norme ou un mode de vie, vous ne vous posez pas de question. Vous reproduisez la norme, vous la portez comme des oeillères.

On retombe là sur les mêmes constats que ceux que vous avez fait avec l’embrigadement religieux.

Oui. L’embrigadement des jeunes en Occident part le plus souvent d’un constat un peu générique : « le mode de vie occidental te stresse, il n’est pas bon pour toi ». Et on leur vend une « famille » qui date du Moyen-Age. Ma position est pourtant plus nuancée qu’on le croit. Elle est presque paradoxale, parce que je suis religieux. Dès que je rentre dans une église ou un temple - de quelque confession qu’il soit - je prie. Mais je revendique totalement notre mode de vie occidental, avec sa liberté d’expression, l’émancipation des femmes, leur droit à l’égalité, à mener leur vie comme elles l’entendent.

Joann Sfar et son chat Imhotep, offert par son ex-femme.
Joann Sfar et son chat Imhotep, offert par son ex-femme. ©Dargaud


Le déclic de ce "Chat du rabbin", dont l’idée remonte à neuf ans, est vraiment lié à votre divorce ?

Entièrement. C’est le détonateur. J’avais ce sujet, mais pas son traitement. Mais je pensais en avoir fini avec le chat. C’est venu suite à l’adaptation en dessin animé. J’ai dû apprendre aux animateurs à dessiner comme moi le Chat et les personnages. J’avais l’impression d’en avoir été dépossédé - avec mon consentement. Cela a cassé toutes mes envies de dessiner ces personnages. Mais le temps a passé et les personnages sont revenus petit à petit.

Le travail sur cet album coïncide aussi avec l’attentat contre Charlie-Hebdo. Est-ce lié ?

Oui et non. Le scénario a été écrit le massacre de Charlie-Hebdo. J’avais même commencé à dessiner les trois premières planches. Puis ce fut le 7 janvier et je me suis interrompu pour dessiner mon carnet précédent, « Si Dieu existe ». Reprendre "Le Chat du Rabbin" ensuite a été difficile. Car croire dans cette histoire de fiction me paraissait inopérante et ridicule. Mais finalement, les personnages se sont dessinés tout seuls. Fred disait que quand on y arrive pas, les personnages se dessinent seuls.

Comment cela arrive-t-il ?

On reste devant sa table à dessin et on oublie qu’on est en train de dessiner. On met de la musique, on ralentit le cerveau, c’est un peu comme de la méditation.

De manière surprenante, cet album est le moins politique, le moins polémique de la série. Alors que la proximité des événements de Charlie-Hebdo auraient pu le « charger » beaucoup plus.

Je pense au final que cet album a été un refuge pour moi, un peu pour me protéger. Et j’avais évacué pas mal dans le carnet « Si Dieu existe ». Par contre, m’est venue pendant la réalisation de ce Chat l’idée d’une autre histoire qui, pour le coup, sera beaucoup plus polémique. Pour la fiction, on ne sait jamais comment les événements du monde réel infusent le contenu.

Extrait de "Je t'aime ma chatte".
Extrait de "Je t'aime ma chatte". ©Delcourt


Dans votre nouveau carnet, « Je t’aime ma chatte », vous évoquez ce que vous appelez votre rapport sacré au dessin.

J’y crois sincèrement. C’est ma conviction. Le dessin m’a toujours sauvé, aidé, depuis tout petit, depuis la mort de ma mère. Aujourd’hui, je m’aperçois que la médecine du dessin opère lors de la publication. Ma transcendance, c’est le dessin, là où ce sera la prière pour d’autres. Ce que je récolte en dessinant en visage est aussi divin pour moi que ce que d’autre éprouveront dans la prière ou des actes religieux qui mènent à la transe ou la méditation. Une fois que je reçois l’album imprimé, je sens le soulagement, le poids de ce qui a pu m’habiter pendant la réalisation s’évacue. C’est comme le rapport au psychanalyste ou au prêtre lors de la confession. C’est ma religion : je mets toutes mes envies et mes angoisses dans un livre et au moment où le lecteur en devient le récipiendaire, je me sens mieux. Ce qui est très apaisant dans mon travail, c’est que j’alterne depuis toujours l’aveu biographique et la fiction. Mais je parle des mêmes événements, mais avec des outils opposés, mais complémentaire.

Vos carnets sont-ils bruts, publiés tels que dessinés ?

Pas tout à fait. J’effectue un gros travail de montage, comme au cinéma. Je redistribue les dessins, les anecdotes, afin de créer un rythme. Mais ce n’est pas un travail prédécoupé comme un album de fiction qui est pensé en amont. Ici, je pars du matériau brut et je réalise un assemblage. Par contre, je ne redessine et je ne réécris pas.

Ce "Chat du rabbin" est donc mois polémique, plus intime.

Je l’assume : le sujet dominant de cet album, c’est le nombrilisme. Le chat se sent délaissé par sa maîtresse - qu’on peut lire dans les deux sens du terme. Ce qu’il ne supporte pas, c’est la perspective de cesser d’être le centre de cette famille. Comme un enfant qui redoute l’arrivée du petit frère ou de la petite soeur. Cette question transcende toute relation amoureuse. Et j’assume le fait que ça fait écho à ce dont je parle dans « Je t’aime ma chatte » et qui a trait à ma rupture amoureuse et mon retour au célibat.

On a le sentiment aussi que votre rapport au religieux a évolué

Il y a un moment de vrai défaite pour le chat, c’est lorsqu’il se rend compte que sa provocation face aux prières du rabbin devient inopérante. Peut-être que j’arrive à un âge canonique où je considère que si une prière n’est pas une offrande à dieu mais constitue un soin pour soi me paraît aussi valable qu’une révolte. Je fais l’apologie d’un prière, d’un rapport intime au religieux qui n’empiète pas sur l’espace des autres, qui n’est pas prosélyte. Quand le chat ne va pas bien, il râle. Le rabbin, lui, il prie. A chacun sa cure. Ce qui me dérange toujours dans la religion, par contre, et qui ne s’arrange pas, on le constate chaque jour, c’est que dans les trois religions du Livre on a le sentiment que ça n’aide pas au respect de l’autre. Mais je ne cherche pas à régler ces paradoxes. J’ai de la tendresse pour le vieillard en prière que je dessine. Mais je suis plus que circonspect à l’égard des institutions religieuses et des faux prophètes et autres prédicateurs qui instrumentalisent la religion pour dresser les gens les uns contre les autres. Mais cette fois, je n’en parle pas.


Autre nostalgie apparente, l’imagerie de votre film "La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil", qui renvoie à un certain cinéma de genre des années 60-70.

C’est pour cela que j’ai accepté. Car c’est un film de commande. Je ne l’ai pas écrit. Ils m’ont appelé quand le scénario était écrit. Je ne sais pas vraiment pourquoi ils me l’ont proposé. Ce qui m’a plu ce n’est pas le scénario - dont je n’étais pas amoureux et qui ressemble à un épisode de Columbo - mais le roman de Sébastien Japrisot et le thème. Mon intérêt pour cette histoire est purement esthétisant et fétichiste. Ce film renvoie au cinéma fondateur pour moi, celui que je voyais à la télévision étant enfant. Ce cinéma représentait le monde des adultes. Avec ce patron, son employée, la voiture, les décors, je ne suis pas dans un rapport nostalgique à une imagerie, mais dans la reproduction de codes qui incarnaient pour l’enfant que j’étais un certain monde des adultes. C’est là que c’est du fétichisme. Le fétichisme, c’est s’attacher à la représentation qu'on se fait du sexe plutôt qu’au sexe lui-même.

Ce n’est pas courant de faire un film dont on n’aime pas le scénario.

Je peux être contre un scénario que j’ai écrit moi-même. C’était le cas sur l’adaptation du Chat du Rabbin ou sur Gainsbourg. C’est de la dialectique. La dialectique, c’est construire en s’opposant. Ce qui m’a amusé, c’est de me faire l’avocat de Japrisot contre un scénario qui a été écrit contre lui, contre son roman. J’ai utilisé très consciemment l’agressivité que j’avais contre ce scénario pour ma mise en scène. Ma seule légitimité comme réalisateur, c’est ma qualité d’auteur. Je ne suis pas technicien, pas réalisateur professionnel. Mais je me retrouvais ici dans ce rôle d’exécutant, puisque je n’étais pas auteur. J’ai compensé cela par l’approche esthétique et la forme.

"La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil"
"La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" ©O'Brother


A ce sujet, qu’est-ce qui vous a amené à solliciter Manu Dacosse, votre directeur de la photographie, Belge ?

Au départ, il y a une nécessité financière. Ce film a bénéficié du crédit d’impôt belge. Je devais avoir des techniciens belges. Et, beauté de la chose, ça devient une rencontre artistique. J’avais un budget minuscule mais je voulais faire des images soignées. Ma seule solution était de trouver quelqu’un venant de la série B et pour qui mon budget minuscule serait un budget conséquent. Quand j’ai vu ce que Manu Dacosse avait fait sur « Amer » et « L’Etrange couleur des larmes de ton corps », j’ai su qu’il ferait des prouesses. C’était stratégique. Je l’ai rencontré et j’ai eu la confirmation que nos goûts et référents étaient les mêmes. Et, comme moi, il ne prend pas le cinéma de genre, le thriller ou l’horreur au second degré, comme beaucoup en France. On l’aborde très au sérieux. Ensuite, humainement, c’est un amour. Enfin, il a une méthode que j’adore : il travaille par soustraction de lumière. Et là je retrouve mon goût du clair-obscur. Je pense que de son côté, il aimé le fait que je suis moins péremptoire qu’un réalisateur de formation. Il y avait un autre grand défi sur ce film : on a beaucoup tourné en décors naturels en Belgique, et il fallait faire croire qu’on était sur la Côte d’Azur. Mais ça marche et je le dois en partie à Manu et aux décorateurs. J’ajoute par rapport au travail avec les techniciens belges, que j’ai découvert une autre manière de travailler.

C’est-à-dire ?

Le cinéma français est un vieux cinéma avec une longue tradition où chacun à sa place. C’est très hiérarchisé, syndiqué et personne ne sort de sa case. Le cinéma belge est un jeune cinéma où chaque technicien est extrêmement polyvalent. Chacun sait tout faire, ou presque. Et sans se prendre la tête. C’est galvanisant et excitant - même si ça peut être flippant aussi. Je le dis franchement : je referais un film en Belgique et pas seulement pour des raisons de financement mais par choix artistique. Par contre, il y a un bémol. Le technicien belge est payé trois fois moins que sont homologue français. Donc il travaille trois fois plus. Il ne voit jamais sa famille. ça donne des divorces, des familles éclatées, des papas qui ne voient pas leurs enfants pendant des semaines. Cela donne de la joie en journée mais parfois de la tristesse en soirée, après qu’on ait bu quelques coups. Je me suis fait des amis pour la vie mais sur un mode parfois un peu triste.

Le plaisir du montage semble manifeste. C’est un plus par rapport à la bande dessinée ?

Ce qui est riche, c’est de pouvoir utiliser toutes les dimensions - le son, la musique, la lumière. Le montage, on le sait, c’est une nouvelle écriture. Après trois films, ce que j’ai appris, c’est que les procédés narratifs de la BD et du cinéma fonctionnent très bien dans l’autre médium. Mais on est toujours surpris par ce qu’ils produisent. Ma ligne de conduite, que ce soit au cinéma ou en bande dessinée est : "mieux vaut être ambitieux et bizarre plutôt que de ne pas oser".

Le chat du rabbin, tome 6 : Tu n'auras pas d'autre dieu que moi, Dargaud, 56 p.

Je t'aime ma chatte, Delcourt, 224 p.

La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil : en salle le 16 octobre.