Le "Poche" de la semaine : Nicolas Clément, "Sauf les fleurs"

Agrégé de philosophie, enseignant, Nicolas Clément publie avec “Sauf les fleurs” un premier roman qui se distingue par une écriture cristalline gorgée de poésie. Entretien.

Geneviève Simon
Le "Poche" de la semaine : Nicolas Clément, "Sauf les fleurs"
©REPORTERS

Chaque vendredi, La Libre sélectionne un livre paru en format "Poche".

Agrégé de philosophie, enseignant, Nicolas Clément publie avec “Sauf les fleurs” un premier roman qui se distingue par une écriture cristalline gorgée de poésie. Marthe ne peut rien pour protéger sa chère maman des fureurs de son père. Entre un frère aimant et, bientôt, un précieux amoureux, l’adolescente va devoir tracer sa voie, portée par les livres, attisée par la soif d’apprendre. Ce qui n’empêchera pas le drame. “J’écris notre histoire pour oublier que nous n’existons plus.” La voix de Marthe, être contrasté qui appréhende la fragilité de toute chose, ne peut que bouleverser.

Un premier roman a toujours une histoire particulière. Quelle est celle du vôtre ?

Sitôt le texte terminé, j’ai envoyé le manuscrit à une vingtaine d’éditeurs. J’ai été approché par plusieurs maisons, et finalement c’est avec Buchet-Chastel que le chemin s’est fait.

Votre écriture est finement sculptée. Est-ce le fruit d’un travail minutieux ou est-ce plus naturel ?

Je travaille beaucoup chaque texte, je reprends énormément ce que j’écris, jusqu’à avoir l’intuition que je ne peux plus rien ajouter, ni rien enlever. Là, je sens de manière assez irrationnelle que ce que j’ai écrit est juste, et que je peux continuer, passer à la suite.

Quel a été votre point de départ ?

Il y a d’abord eu la voix de Marthe qui s’est imposée à moi sans que je le décide. J’ai senti qu’il fallait que je raconte cette histoire, que je me mette à son service. Ensuite, il y a la lecture d’Eschyle et de l’“Orestie”, sa trilogie dramatique. J’ai été frappé par les thématiques qu’il y développe, notamment celles de la violence et de la vengeance, et je me suis aperçu que la voix de Marthe pouvait être un relais à cette lecture.

“Il me semble […] que le savoir peut guérir.” Une de vos convictions ?

Oui, et Marthe va vite comprendre que l’école sera pour elle une planche de salut, un moyen extraordinaire de se construire, d’avancer. Sa trajectoire est indissociable de ce qu’elle apprend, et de tout ce qu’elle va lire.

“Ecrire me jettera dans un danger sûr”, dit Marthe. Votre définition de l’écriture ?

C’est une prise de risque permanente, et en même temps il y a dans la vie des prises de risques bien plus périlleuses et inconfortables. Marthe a compris qu’en écrivant son parcours, qui est tout sauf simple et tranquille, elle pourra d’une manière ou d’une autre se protéger de la violence et du mal qui l’ont accompagnée dans ses premières années.


Nicolas Clément, "Sauf les fleurs", Phébus Libretto n° 500, 89 pp.