Perec en un "Cahier" de l’Herne

Francis Matthys
Perec en un "Cahier" de l’Herne
©REPORTERS

Pour saisir les aspects de l’œuvre de l’auteur de "La Disparition".

Le 3 mars 1982, à l’hôpital d’Ivry, en Val-de-Marne, s’éteignait Georges Perec, terrassé par un cancer des bronches. C’est au Père-Lachaise, à Paris, qu’il repose. Dans un "commentaire" à un projet d’article de Henri Peretz consacré en 1960 à "Hiroshima mon amour" (d’Alain Resnais et Marguerite Duras), Perec notait : "D’une manière générale, il faut se méfier de l’hagiographie et du dithyrambique". Qu’aurait-il pensé en découvrant ce (pourtant) non hagiographique et non dithyrambique "Cahier" qu’édite L’Herne à sa mémoire ? 

Le volume contient des textes inédits et rares, des études dues à des spécialistes de l’œuvre "très diversifiée" de l’auteur - devenu culte pour de lettrés lecteurs - de "La Disparition" (roman à clés, autant que performance littéraire car n’y est pas utilisée une seule fois la lettre "e") et de "La Vie mode d’emploi" que couronna le Médicis en 1978. 

C’est par le prix Renaudot (attribué en 1965 à son premier roman, "Les Choses") que fut révélé au public cet écrivain qui deviendra en 1967 membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) et en sera l’un des champions en contraintes formelles. Abordant les "thématiques centrales" (le ludique et le romanesque, l’interrogation du quotidien, l’exploration autobiographique) de l’œuvre de Perec, les 37 contributeurs de ce "Cahier" "reviennent sur des aspects moins connus (le rapport à la radio ou à l’art contemporain), la place chez lui de l’écriture poétique, ou sa proximité avec les recherches ac tuelles en sciences sociales". Né à Paris le 7 mars 1936, de parents d’origine juive polonaise, Georges Perec perdit son père, engagé dans la Légion étrangère, tué au combat en juin 1940, ainsi que sa mère, déportée en 1943 à Auschwitz d’où elle ne revint pas. Ses deux grands-pères périrent aussi dans les camps de concentration.


Georges Perec collectif sous la direction de Claude Burgelin, Maryline Heck et Christelle Reggiani L’Herne (22 rue Mazarine, 75006 Paris) 280 pp. env. 29 €. En librairie le 2 novembre