Un public acheteur à la Foire du livre 2017

L’événement s’est achevé le cœur léger. Moins de monde mais plus de ventes. Et des débats largement suivis.

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© belga
Laurence Bertels

L’événement s’est achevé le cœur léger. Moins de monde mais plus de ventes. Et des débats largement suivis.

Six jours ! Six jours déjà que la Foire ouvrait ses portes. Depuis le livre a festoyé en tous sens, en toutes pages, en tous stands. Sonne maintenant l’heure du bilan de cette 47e Foire du livre de Bruxelles placée sous le signe du "ré-enchantement du monde". Combien d’entrées a-t-on enregistré ? Quel était le public présent ? Qui a fait le buzz hormis l’éternelle Amélie Nothomb, son chapeau et sa bouteille de champagne ?

"Bilan positif", nous dit d’emblée Hervé Gérard, président de la Foire du livre, même si, avec 65 000 entrées, le public s’est montré moins nombreux que l’an dernier. Une année record qui avait vu affluer 70 000 personnes attirées par la gratuité. Pour rappel, celle-ci a été instaurée suite aux attentats et à la frilosité qu’ils ont engendrée au sein de la population. Cette gratuité a eu un tel effet qu’il était impossible de faire marche arrière. Le beau temps, cette fois-ci, aura, paradoxalement, refroidi un grand nombre de pré-inscrits qui se seront sans doute laissé tenter à la dernière minute par le premier soleil printanier. Comment leur jeter la pierre ?

Ceci dit, de l’avis d'Hervé Gérard et des exposants interviewés, le public présent était concerné. Et donc acheteur. Plusieurs éditeurs se sont retrouvés en rupture de stock. Luce Wilquin, éditrice belge, se réjouit de cette édition - avec une augmentation de ventes de 25 % - et de l’intérêt réel du public. En revanche, à L’école des loisirs, on enregistre une baisse de 10 %. Du côté de la jeunesse, les animations, organisées par le Centre de littérature jeunesse de la Ville de Bruxelles, ont été plus nombreuses que d’habitude. Belle réussite aussi du côté de l’intégration des habitants du quartier grâce à des initiatives telles celles de la Maison des femmes des Molenbeek (cf "La Libre" du 13 mars). "Le port a jauni" qui édite des livres jeunesses en arabe classique et en français se félicite lui aussi de l’intérêt du public maghrébin rencontré à la Foire.

De l’avis général, la qualité des débats a grandi d’un cran cette année et a drainé de nombreuses personnes avides d’écouter Guy Verhofstadt, Luis Sepulveda ou Gaël Faye "ainsi", précise notre interlocuteur, "que toutes celles animées par Eric-Emmanuel Schmitt, un président d’honneur qui a été remarquable. L’an prochain, l’invité d’honneur sera la Boekenbeurs et inversement. Nos relations avec la Flandre sont excellentes." Reste à savoir si la gratuité est un modèle économique viable. "Oui", nous répond Hervé Gérard, "grâce à l’accroissement des surfaces louées, des subsides publics et à l’arrivée de mécènes tels la Loterie nationale". Rendez-vous donc le 22 février 2018.