Quinze ans plus tard, qu’est-il advenu de la servante écarlate ?

Aujourd’hui paraît "Les Testaments", suite très attendue de "La Servante écarlate". Margaret Atwood relève le défi avec intelligence et panache. Après le livre, la série télévisée a traduit les tendances profondes de nos sociétés.

THE HANDMAID'S TALE, Elisabeth Moss, (Season 1, premieres April 26, 2017). photo: Take Five / ©Hulu
©Reporters / Everett
Dossier réalisé par Geneviève Simon
Aujourd’hui paraît "Les Testaments", suite très attendue de "La Servante écarlate". Margaret Atwood relève le défi avec intelligence et panache. Après le livre, la série télévisée a traduit les tendances profondes de nos sociétés.

Poussée par les questions de ses lecteurs, curieux de savoir ce qu’il advenait après la fin de La Servante écarlate, Margaret Atwood leur offre une suite à la hauteur de leurs espoirs. Les Testaments paraît aujourd’hui en français, quelques semaines seulement après la sortie de la version originale, organisée avec faste. "Trente-cinq ans laissent largement le temps de réfléchir aux réponses possibles, explique la romancière canadienne dans la postface, lesquelles ont évolué à mesure que la société elle-même évoluait et que les hypothèses devenaient réalité. Les citoyens de nombreux pays, y compris ceux des États-Unis, subissent aujourd’hui des tensions bien plus fortes qu’il y a trois décennies."

Règle stricte

Depuis sa parution en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à quelque 8 millions d’exemplaires en langue anglaise, le succès populaire de la série (lire ci-contre) ayant contribué à réveiller l’intérêt pour le roman. Celui-ci nous fait pénétrer à Gilead, république totalitaire fondée par des fanatiques religieux qui ont organisé la société en castes. Parmi elles, les servantes, habillées de rouge, ont pour mission la procréation - le taux de natalité étant devenu problématique à cause de la pollution. C’est le parcours de la jeune Defred (incarnée par Elisabeth Moss dans la série diffusée initialement par la plateforme Hulu) que le lecteur suit - les viols et les outrages subis, les souvenirs de sa vie d’avant qui l’aident à survivre, ses espoirs de fuite et d’une vie meilleure. Pour écrire cette dystopie, Margaret Atwood s’était astreinte à une règle stricte : "Je n’inclurais rien que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n’existerait pas déjà. Je ne voulais pas me voir accusée de sombres inventions tordues, ou d’exagérer l’aptitude humaine à se comporter
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