"Un drôle de Père Noël": Aurélie Cabrel signe un conte de l‘Avent plein d’imagination et de gourmandise

Une éclaircie dans le climat sombre qui nous accompagne depuis bientôt deux ans.

"Un drôle de Père Noël": Aurélie Cabrel signe un conte de l‘Avent plein d’imagination et de gourmandise

Tout le monde a besoin de vacances. Rares sont ceux qui diront le contraire. Même le Père Noël, figurez-vous. Et quand il part, c’est pour aller à l’autre bout de la planète. Bye bye Rovaniemi, en Laponie ; destination : l’Australie. Tout ça pour le plaisir de la Mère Noël. À l’approche des fêtes de fin d’année, histoire de recharger les batteries avant le grand rush, le couple laisse les clés du royaume de Noël aux lutins chargés de confectionner les cadeaux pour les enfants sages. Mais voilà que la fontaine de chocolat qui leur donne la niaque pour se mettre au boulot leur joue un tour. C’est la panique à bord…

Pour sa deuxième incursion de l'écriture jeune public, Aurélie Cabrel (oui, la fille de Francis) signe un conte de l'Avent original (qu'elle illustre joliment avec Guylaine Lafleur) mais qui a aussi tous les ingrédients d'un classique. On y croise une armada de lutins, une fontaine de chocolat, des elfes, des jouets par milliers, des couleurs féeriques, mais aussi des éléments d'une incontestable modernité. Il y a du MeToo dans cette histoire, des questions sur le genre également. Un trou qui fait penser à celui dans la couche d'ozone. "Il y a une double, voire triple lecture parce qu'avec des contes, on ne s'adresse pas qu'aux enfants. Il y a aussi les parents qui sont là pour le lire, explique Aurélie Cabrel. Ce sont de bons moments à passer pour les enfants, avec leur papa, leur maman, leurs grands-parents, leur grand frère ou leur grande sœur. D'où les dimensions environnementales, la mise en avant de la solidarité quand les lutins font appel à d'autres communautés magiques. Il y a plein de symboles et des jeux de mots et de sonorités à propos de personnages historiques. Et puis, on peut faire passer des messages en douceur aux enfants par ces biais"

Comment est née cette histoire ?

Après "Zélie la pirate" , j'ai voulu vite reprendre l'écriture jeune public. Ça fait longtemps que je voulais écrire un conte de Noël parce que j'adore cette période et tout ce qui a trait aux fêtes de fin d'année. J'avais le pitch de ce livre. J'en ai parlé à une de mes amies les plus proches, Fanny Dupin, à qui j'ai demandé si elle était partante pour coécrire l'histoire. On s'est lancées dans cette aventure et c'est devenu un conte de l'Avent inédit. J'ai un peu mis de côté la musique pour me consacrer à l'écriture jeune public. Je ne l'ai jamais dit ouvertement mais depuis quelques années, entre les attentats et le Covid, le monde des grands n'a pas vraiment beaucoup de paillettes et d'étoiles.

C’était plus difficile à faire aboutir que "Zélie la pirate" ?

En termes d’écriture, le travail était plus important. Ce n’est pas un conte musical qui peut s’appuyer sur la musique. Le livre fait plus de 150 pages, ce qui a nécessité plus de réflexion narrative. Il y a 24 chapitres, soit un par jour jusqu’à la fête de Noël et l’arrivée du Père Noël."

Vous n’y allez pas de main morte avec lui. Short, chemise à fleurs dignes de Magnum. Et ses lutins sont en marcel…

L’idée était de transformer le Noël que l’on connaît et d’en faire quelque chose de drôle. C’est malicieux et un peu speed, c’est vrai. On a aussi sorti le Père Noël de sa tradition et on a parlé de la Mère Noël dont on ne parle pas souvent, si ce n’est pour dire qu’elle fait la popote. L’histoire part d’elle et de son amour avec le Père Noël, qui dure depuis 200 ans. C’est l’amoureux qui veut faire plaisir à son amoureuse et va jusqu’au bout de la Terre pour cela, en quittant le royaume de Noël. C’est une grande preuve d’amour.

Vous avez mis beaucoup de vos rêves dans ce livre, comme aller dans le village du Père Noël ou la fontaine de chocolat ?

On sait tous que les lutins ne fonctionnent qu’au chocolat, non ? (rire) Et ça fait rêver tous les enfants. Quant à aller à Rovaniemi, c’est un de mes rêves absolus. Mais j’attends que mes enfants soient un peu plus grands pour y aller et en profiter un maximum.

Chez les Cabrel, c’était la tradition de lire des contes de Noël ? Vos parents vous en lisaient ?

On nous a toujours raconté des histoires. Mon père nous en inventait beaucoup, quand il était là. Parce qu’il était souvent absent. Il a cette capacité d’en créer. C’est dans la famille de conter les choses, de les faire ressentir en passant un moment en famille. Ça rapproche. Pour moi, c’est très important. Et j’ose espérer que ça l’est encore dans les foyers. Je vois à quel point ces instants partagés peuvent apaiser un enfant. Avec cette tradition, le monde s’arrête et on est là pour lui. On n’a pas un téléphone dans la main, les yeux devant un écran d’ordinateur ou rivés sur les infos. Il y a une transmission directe et immédiate que je trouve rassurante.

Il y a d’autres projets jeune public à venir de votre part ?

J’écris en ce moment un projet toute seule. Ce sera aussi un livre. Je fais aussi le story-board de "Zélie la pirate, chapitre II". C’est écrit et les chansons sont composées. Elles sont en phase d’enregistrement avec Esthen, mon mari. Il y a Baboo Music où nous avons de nombreux artistes dont nous nous occupons.